‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 2)Chapitre 90 sur 470 · A M. DE BRETEUIL · texte numérisé non relu

A M. DE BRETEUIL

INTENDANT A AMIENS

(Lettrf ori«in«li>.)

Saint-Germain, 16 mars 1676.

Je vois par la lettre que vous avez pris la peine de ra'écrirc que la partie du grand cavin de Saint-Quentin3 que l'entrepreneur Gruge doit faire remplir de terre est presque achevée à présent et que vostre pensée serait de luy faire l'adjudication du reste du travail dont les corvées sont chargées, parce qu'il offre de le mettre en son entière perfection à Pasques. Sur quoy je dois vous dire qu'il sera toujours bon de faire continuer le travail desdites corvées jusqu'à ce que Gruge ayt parachevé l'ouvrage qu'il

1 Colhert ne manque pas une occasion de recommander d'une manière toute particulière aux ingénieurs et intendants des fortifications d'exécuter scrupuleusement les ordres de Vauban, et dès qu'il leur arrive de s'en écarter, il les blâme sévèrement , mais en même temps il tient la main à ce qu'ils ne dépassent en rien les plans et devis.

Ainsi, le 8 juin 1675, il écrit à Ferry : * Par ce que j'ay entendu du sieur rucher, dans le compte qu'il m'a rendu des ouvrages de La Fère, je vois qu'il s'y en est fait quelquesuns qui ne sont pas compris dans les mémoires qui ont esté envoyés icy par le sieur de Vauban, et qui ont esté vus, examinés et résolus par le Roy, sous prétexte que ledit sieur de Vauban l'a dit verbalement en passant à La Fère. Sur quoy je voua diray que je ne veux

point que vous couriez risque d'estre désavoué, c'est-à-dire que comme Sa Majesté a souvent donné et répété l'ordre de ne jamais rien faire dans ces places que ce qui est compris et écrit dans les mémoires signés du sieur de Vauban, je ne veux point que vous fassiez jamais faire aucun ouvrage que ceux qui sont contenus dans lesdits mémoire s, pour quelque cause et sous quelque prétexte que ce soit. Et ca cas que le sieur de Vauban vous dise quelque chose verbalement , vous pouvez facilement le prier de le mettre par écrit et de le signer; et s'il estoit prest à partir, vous pourriez mettre par écrit ce qu'il vous aurait dit verbalement, et le luy envoyer au lieu où il serait pour le signer, alin de ne pas vous départir de l'ordre du Hoy. 1 ( DépAl de* jarùj. 1 675, fol. 98. ) ' Voir pièce* n" 1 00 , 1 1 h et note».

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