AU SIEUR RICHER
INGÉNIEUR'
Versailles, 3 may 1675.
Gomme il sera bon que vous veniez icy pour sept ou huit jours afin de 1er au plus tost les observations astronomiques que vous avez faites à Caycnne, je vous écris ce mot pour vous dire de partir aussy tost que vous aurez mis les travaux de La Fère et de Ham en estât que vostre absence pendant ce temps-là n'apportera aucun préjudice à leur avancement. J'écris
1 Oin<] jours après, Colbert, en écrivant à Fer;-v, lui disait encore:
« Le prix de 33o livres pour ceut de bois tue paroist bien cher, d'autant plus que dans tous le» ouvrages des maisons royales, je ne le paye quec-ï prix.. .» (Dépôt </« jortif. fol. 7a.)
' Jean Richer, reçu membre de l'Académie des sciences, en 1660. Il s'embarqua le 8 février 167a pour Caycnne, où il fit pendant près de deux ans des observation* astronomiques.
A son retour en France, il fut nommé ingénieur par commission du 7 avril 167^1, et chargé de diriger les travaux dans les places de Picardie. Il eut d'abord la direction des (ravnia de Ham et de La Fère. puis de Cuise,
et, en 1680, d'Ardres, Boulogne et Calais. Mort en 1 696.
Les plans que Richer était chargé de lever, en sa qualité d'ingénieur, lui attirèrent souvent des observations de Colbert. Le ministre lui reprochait de ne pas employer dans ses dessins trots teintes différentes pour désigner les ouvrages faits, ceux en cours d'exécution et ceux à faire, ce qui l'empêchait de savoir où l'on en était; un jour même il lui disait que ses plans étaient très-mal faits. «Il seroit bien nécessaire, ajoutait-il, que vous vous appliquiez à dessiner un peu mieux que vous ne faites, n'y ayant rien de si nécessaire A un ingénieur que de «ravoir bie
aussy sur ce sujet à M. Chantereau-Lefebvre, eu sorte que je ne doute pas que, dans sept ou huit jours au plus, vous ne puissiez prendre vos mesures pour vous rendre à Paris.
(Décide, fortification., M». »o5, 1676. W. 7&.>