AL SIEUR LEGER
CONTRÔLEUR GÉNÉRAL DE L'ARSENAL A TOULON
Saint-Germain , 1 6 janvier 1670.
J'ay reçu toutes vos lettres, dont la dernière est du 7 janvier, et mesme celle qui accompagnoit le projet d'estat des officiers du port et les instructions pour les contrôleurs et les garde-magasins dont vous estiez en peine. Je vous répéteray que, par ses mémoires à M. d'Infreville et encore par celuy de cet ordinaire, Sa Majesté luy mande de vous laisser choisir des commis et de vous laisser faire les fonctions de vostre cmploy dans toute son estendue.
A l'égard de la signature que vous voulez donner à vos commis par la raison que vous ne pouvez signer avec un commissaire particulier, je ne suis pas en cela de vostre avis, parce que ces pointillés d'honneur ne me semblent pas convenir au bien du service.
1 Colbert écrivait au sieur Dalliez, le 1 3 décembre 1669 :
"La fin de vo3 conférences sur le commerce nVçlpas bonne; il faut appeler les eslranpers *WJ bien que les François. La véritable fin doit ctfre d'acquitter le» Eschelles el le com- ">w Je Mantille , pour oster le eottimo et r*ndre le port entièrement franc. En mesme
temps , il faut avoir un bon ambassadeur â la Porte. Je seroy bien ayse de voir les mémoires epic vous anrez fails sur ce sujet, et sur le commerce de la mer Roiif»e, qui assurément peut produire de très-grands avantages.*
* Voir II, A67 , note 1 .
» Des actionnaires.
Je suis bien d'accord que vous ne devez pas demeurer à Toulon (pour me servir de vos mesincs termes) comme un prisonnier; mais vous jugez bien aussy que si vous estiez longtemps absent pour la sollicitation de vos procès ou pour autre chose, le service du roy y seroit intéressé. C'est à quoy vous devez bien prendre garde, et de ne vous absenter que le moins que vous pourrez.
Travaillez sans perte de temps à faire l'inventaire des magasins et de tout ce qui est sur les vaisseaux armés ou qui sont dans le port de Toulon, et à l'arresté du compte des dépenses de l'année dernière, afin que lo tout me soit envoyé au plus tost, ayant desjà reçu ceux des autres ports.
Surtout tenez la main que les bois, masts, marchandises et munitions soyent mis dans un grand ordre et sans confusion , afin que le tout soit bien conservé et que rien ne se pourrisse.
(Arch. de la Kir. Dépèche» concernant In marine, 1670, fuL j8.)