AU SIEUR DALLIEZ DE LA TOUR
FOURNISSEUR DE LA MARINE
Sainl-Gerroain, 16 janvier 1670.
J'ay reçu deux de vos lettres depuis vostre arrivée à Grenoble, dont la dernière est du 8 de ce mois. Je suis bien aysc d'apprendre que vous ayez fait marebé pour le débit et la façon des arbres de la forest d'Artas1, et que vous estiez sur le point d'en conclure un autre pour leur voiture jusque sur les bords du Rhône. Je m'assure que tous les ouvriers y travaillent à présent, et que vous ferez en sorte d'envoyer à M. Arnoul, au printemps prochain, tout le bois nécessaire pour continuer la construction des vaisseaux qu'il fait bastir à Marseille.
Je vous cnverray au premier jour les bustes, devises et ornemens pour mettre sur les canons2 qui seront fondus cy-après par M. Émery3.
L'cstablissemen't des moulins à scie dans la montagne Saint-Guillaume pour y faire des planches, façon de Prusse, ne peut qu'estre fort avantageux; mais il ne faut pas les laisser manquer de bois, estant certain que la quantité de bois de toute sorte que nous ferons voiturer en Provence, non-seulement servira à la construction des vaisseaux duroy, maismesme excitera les marchands à bastir pour eux, ce qui contribuera à l'augmentation du commerce et de la navigation.
Comme l'envoyé turc 4 doit partir bientost, et que je n'ay rien plus à cœur que lesta blissement de la compagnie du Lovant5, il est nécessaire que l'un des principaux de cette compagnie se rende promptement icy afin de conférer sur toutes les demandes que nous aurons à faire à la Porte pour l'avantage de nostre commerce en Levant, que je considère
> Canton de Saint-Jeannle-Bournay, arron- de métal, cl les meilleurs sont ceux dont la dissemeul de Vienne ( Isère). matière est la plus douce.»
1 Cependant, sept jours auparavant, Colbert s Directeur de la fonderie des canons de
écrivait au commissaire Menessicr : fonte établie à Lyon.
«Je crois que les ornemens sur les canons * Soliman Aga Mustapha-Racn. — Voir II .
plus qu'ils ne servent;.les plus s'„,.„ t.
beaux sont les plus unis et les moins cliartfés » Voir II , 5o7 , pièce n° 8a.
comme le plus important de tout le royaume, et qui peut apporter les plus fpaods profits à ceux qui y seront intéressés1.
Je vous prie de vous appliquer fortement à la culture des mines du Dauphiné, dont l'avantage seroit d'autant plus considérable que nous pourrions en fournir nos fonderies et nous passer de celles de Suède; et vous devez considérer cette culture des mines et du commerce du Levant comme les deux affaires qui peuvent le plus contribuer au bien du royaume et à
Si la compagnie de Chauvigny 2 se fortifioit considérablement et que vous pussiez la fortifier de i5 ou 16 bons hommes3 avec un grand fonds, on pourrait luy procurer de grands avantages, mesme luy donner le soin de liquider et d'acquitter les dettes des Eschelles du Levant et celles du commerce de Marseille, avec la jouissance du cottimo pour quelques années . . .
(Arcb. do la Mnr. Dépêche» emctrwtnt la marine, 1670, fol. 07.)