AU SIEUR BRODART
COMMISSAIRE GÉNÉRAL DE MARINE A TOULON
De. . . *8 février 1670.
J'ay reçu vos lettres des 1 1 et 1 5 de ce mois. Je suis bien ayse que l'enrôlement des matelots se fasse avec le succès que j'en ay espéré. La difficulté que vous àppréhendiez qui pourroit arrester M. d'Oppède devant estrc à présent cessée par la conférence qui se devoit faire, dès le jour des Cendres, avec MM. d'Infrevilie et Arnoul, au sujet des bonnevoglies , je m'assure que vous aurez continué vostre travail le long de la costc et que j apprendra y bientost que vous l'aurez achevé de tout point '.
Je ne sçaurois me persuader que cet enrôlement puisse nuire à la levée desdils bonnevoglies; et la raison pourquoy Ton a cru d'abord qu'il y serai t contraire n'estoit pas sans fondement, vu qu'il est probable qu'il n'y a point de marinier ou bonnevoglie de galère qui, à cause de la médiocre solde qu'ils touchent, ne se fust dit matelot pour gagner dava ntage, ceux-cy ayant presque une fois autant que les autres. Mais puisque M. Arnoul vous a donné un rôle de ceux qui sont destinés au service des galères et galiotcs, ♦H qu'il ne se sert guère que des paysans de la montagne, il n'y a, ce me semble, rien qui doive vous empeseber de continuer et de finir cet enrô- !i>njdii » ( 1 \ \ 1 scjjTcï os^^ir^ni6Eit très < t v cintâ^^ou^ jjcïux* fscilil^îr -1 ormcmcut {les vaisseaux du roy en Provence.
(Arch. de la Mar. Dépêche* concernant la marine, 1670, fol. toft. — Lettre* originale* de Colbert à Brodart, cabinet do M. le marquis de Colbert-Chabannais.)
pmnt entièrement ce qu'ils doivent, ce qui ne Ifur arrive presque jamais.» (Dép. conc. Ut ft<U.) — Voir encore pièce n' 1 6 1 et note.
1 Cependant , le a mai suivant , Colbert écrivit à Arnoul fils :
«J'ay esté bien ayse d'apprendre, par vostre lettre du 93 du mois passé, que les galères estaient en estât de partir; mais il ne suffisoit pa» de me mander qu'elles estoieut prestes, il falloil m'infonuer exactement de Testât de la diiounne, des matelots et des soldats. Quant à la j*>ine que vous dites que les capitaines des
rulté ne me paroisl pas d'une grande considération , vu que je vois toute sorte de certitude que l'enrôlement général des matelots nous donnera beaucoup de facilité pour former les équipages des vaisseaux , et je ne comprends pas par quelle raison il y a plus de difliculté à la levée des matelots pour les galères. Pour cela il suffit que vostre père s'entende avec l'intendant et les commissaires de marine qui travaillant A cet enrôlement, afin qu'ils Iuy donnent le nombre de matelots dont vous avex besoin pour les galères...» (Dép. conc. k* gai fol. 58.)