‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 3)Chapitre 135 sur 486 · AU MARQUIS DE MARTEL · texte numérisé non relu

AU MARQUIS DE MARTEL

LIEUTENANT GÉNÉRAL DES ARMÉES NAVALES

1 M imite autographe.)

Paris, 17 may 1670.

Vous verrez, par la lettre cy-jointe, l'intention de Sa Majesté sur le sujet de la guerre que vous avez commencée contre ceux de Tunis, laquelle vous devez continuer jusqu'à la fin de vos vivres avec le plus de force et de vigueur que vous pourrez. Je vous avoue que j'aurois bien de la joye do porter au Roy la nouvelle de quelque action éclatante que vous auriez

1 Voir page o3i , h' alinéa.

2 Colbert revient souvent sur ta nécessité •le s'appro vision lier en France, <* quand bien mesme les marchandises estrangères seroienl i\ quelque chose de meilleur marché."

« Il faut considérer, dit-il encore, que la principale vue du Rov en faisant establir toutes les manufactures dont nous nous servons aujourd'huy dans la marine, est de conserver l'argent dans son royaume, d en cnipescher le transport an dehors par les achats de toutes les marchandises propres à la marine, ainsv

qu'il «est pratiqué autrefois, de sorte que nous ne devons point nous éloigner de ce principe, mais seulement travailler continuellement ■< perfectionner n«»s manufactures et à corriger les défauts qui s'y pourroienl rencontrer. Lorsque vous en remarquerez quelques-uns, hil*^ moy sçavoir \ostre sentiment sur ce que vous eslimerei devoir estre observé et mis en praque [tour y renn'-dier . . . s ( /Àpp. cour, la mnr. 1070, fol. a/ia et 967.)— Voir aussi II, 699. pièce n* 9 1 3 , et , dans ce volume . pièces ff '1 >> 1 '19 et 170.

exécutée, comme de brusler les vaisseaux qui sunl dans leurs ports, fairt* quelques descentes a terre, prendre par force quelques-uns de leurs vaisseaux qui sont en mer, ou quelque autre action d'aussy glande conséquence qui relèveroit infiniment la réputation des armes maritimes du roy *.

Je sçais bien qu'il est inutile de vous exciter, mais je vous avoue que le rèledu service et l'envie que j'aurois de vous voir attirer les grâces et les bienfaits du Roy par quelque action extraordinaire me portent à vous écrire toujours en ce sens. Vous ne sçauriez tesmoigner trop de fierté à ces barbares, et soyez bien persuadé qu'il n'y aura que cette conduite qui vous en fora tirer raison.

Le consul m'écrit qu'il a desjà fait entendre au Dey qu'on pourroit le dédommager des esclaves qui luy appartiennent en propre. N'écoutez point ces sortes de propositions, et tenez- vous toujours ferme sans vous relascher do quoy que ce soit. Vous avez à présent tous vos vivres, les galères sont parties pour vous aller joindre, et, dans la fin de juillet ou au premier aoust, une seconde escadre doit sortir de Toulon pour aller continuer de bloquer Tunis jusqu'à ce que le Dey et le divan ayent fait raison au Rov. Et, successivement, il y aura toujours dans la Méditerranée une escadre de i5 à ao bons vaisseaux, en sorte qu'il est impossible que le gouvernement de cette ville puisse soutenir les efforts des armes de Sa Majesté.

Informez-vous soigneusement des causes de la mésintelligence qui est entre les marchands et le consul , et de tout ce qui est de la conduite dudit consul.

(Bibt. Imp. Msa. S. F. 3,oia , Colbert et Sàgnclay, III , cote- 1 9 , fol. a8. — Arch. do la M«r. Dépêches concernant la marine, 1670, fol. *4o.)

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