‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 3)Chapitre 137 sur 486 · A M. DE SEUIL · texte numérisé non relu

A M. DE SEUIL

I>TEÎNDA>T DE MARINE A BREST

Saint-Germain, i A juin 1670.

Je fais réponse à vos dépesches des 3i du mois passé et 6 du présent, ol aux mémoires qui y estoient joints, dont j ay fait lecture au Hoy.

A l'égard du mémoire concernant les escadres de Ponant , Sa Majesté a esté bien ayse d'apprendre qu'elles pourront désormais tenir la mer une année entière en prenant soin de faire nettoyer les vaisseaux dans les rades et plages les plus commodes. Il faudra donner cet ordre bien précisément et commencer à le faire exécuter par l'escadre qui sortira au mois d'avril prochain.

A l'égard des vivres, M. de Terron est d'avis de se servir de Belle-Ile pour y establir un magasin afin d'en fournir aux vaisseaux qui seront à la mer. Il faudra concerter ce point avec luy et le sieur du Quesne. Mais, de •juelque façon que ce soit, et nonobstant l'entcstement des matelots de revoir leurs familles, il faudra que les vaisseaux tiennent la mer une année entière et qu'ils partent à point nommé au premier jour d'avril. De sorte que , cet ordre estant ainsy résolu , il ne faut plus penser aux armemens de six mois.

Je comprondray, dans une ordonnance générale qui sera expédiée dans quelques jours d'icy, les défenses qu'il est nécessaire de faire pour empes- < lier l'embarras qui arrive ordinairement sur les vaisseaux par l'embarquement des bagages, marchandises et vivres des officiers, régler leurs cages à poulets, leur défendre de rien changer aux logemens et d'embarquer des taches et des porcs. Mais auparavant il est nécessaire que vous revoyiez le règlement de police dont vous m'avez envoyé copie et que vous y augmentiez ou retranchiez tout ce que vous estimerez nécessaire pour le rendre convenable à nostre marine, afin qu'ensuite je puisse rectifier vostre travail et expédier un règlement général pour la police qu'il faut establir sur !<'s vaisseaux du roy.

Tenez toujours la main à ce que Hubac tienne ses vaisseaux le plus ras » t le moins élevés qu'il se pourra. C'est ce que les Anglois observent dans leurs constructions et que je crois estre la meilleure façon debastir1.

Travaillez aussy à l'augmentation de l'école des canonniers, qui est très-

1 Colbert écrivait le 5 mai précédent à son -•witin de Terron : * La remarque que M. le ' -\mir.tl vous a faite, que le» vaisseaux an- ^►issor.t plu* longs et plus ras que les nostres,

est considérable. Et comme les vaisseaux anglois surpassent assurément le» nostres en vitesse, il faut rendre les nostres pareils aux leurs en ro qu'ils ont île bon. No manque» pas de don-

importante. Je recommanderay à M. du Quesnc d'y assister quelquefois et d'exciter les autres officiers de marine à s'y trouver aussv. Et, s'il est nécessaire que je luy en écrive, je le feray; mais je les crois présentement tous occupés à la formation de leur équipage.

H faut chercher partout un maistre d'hydrographie. J'en écriray à M. de Terron, cet establissement estant aussy fort important pour l'instruction «les jeunes gens de marine pendant qu'ils sont dans les ports1 . . .

(Arcb. do la Mar. Dépêche* concernant la marin*, 1670, fol. Ht.)

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