AU COMTE D'ESTRÉES
VICE-AMIRAL DE POISANT
Saint-Germain, 1 5 juillet 1670.
I>e Roy m'ordonne d'ajouter à tout ce que je vous ay écrit par son ordre depuis quelques jours qu'il est nécessaire pour le bien de son service que vous considériez le poste où vous estes comme estant certain que Sa Mafslé rompra certainement avec les Hollandois 4, estant impossible qu'elle
Duméc d'Aplemont, du Havre, capitaine de «aiwvau en i6a0, cbef d'escadre à Toulon "fi i'»iH. Remis capitaine de vaisseau en ifi/ia. Mort aux Indes en février 1(173. — Le Roi lui *rorda un supplément de lable, ainsi qu'il r^lte d'une lettre de Colbertâ Matbarel, du
du même mois:
Majesté a accordé aoo livres d'augmen- Wion par mois.au sieur Dumée d'Aplemont, fm sa table, qui seront remises à Toulon par 'et ordinaire . . . * ( Dèp. eonc. la mar. fol. 3 1 9.)
« De Gorris, sieur de La Guerclie et des
Cocbets, de Paris, capitaine de vaisseau en 1 65o , était , en 1 (176 , porté le premier sur la liste d'ancienneté. Capitaine de port à Brest en 1677; révoqué en 1678. Mort a Paris, le a3 avril ifi83, à l'âge de soixante-deux ans.
1 Capitaine de vaisseau depuis ibâa. Il se relira du service en 1673.
* Madame avait conclu , le mois précédent , avec son frère, le traité secret par lequel l'Angleterre s'alliait à la France contre la Hollande. Mais la guerre ne fut déclarée que le G avril 1O72.
puisse soufl'rir encore longtemps l'arrogance et l'insolence de celle na lion.
Pour cet effet, il est nécessaire que vous examiniez promptement tout ce qui est à faire pour la défense des Isles et pour les attaquer. A l'égard de la défense, quoyqu'il n'y ayt guère d'apparence qu'ils soyent jamais en estât de vous attaquer dans aucune des isles, il est néanmoins nécessaire que vous teniez toujours les peuples dans l'exercice des armes, et que vous examiniez les travaux et batteries que l'on pourroit faire tant pour empescher les descentes que pour la seureté des habitans.
En mesme temps , Sa Majesté désire que vous examiniez avec soin tous les moyens possibles pour les chasser entièrement de toutes les isles de l'Amérique où ils sont cslablis, qui ne consistent, comme je crois, qu'à Saint-Eustache et à Curaçao, dans lesquelles mesme ils n'ont aucun establissement considérable. Et comme vous voyez mieux que personne les avantages qu'ils retirent de Curaçao, où ils portent tous les nègres qu'ils tirent de Guinée pour les vendre aux Espagnols, et dont ils retirent des sonime> d'argent fort considérables, vous jugerez aussy fort facilement que si, dans une rupture, le Roy pouvoit les chasser de ces deux isles, et en mesme temps les chasser aussy de la coste de Guinée, Sa Majesté mettroit, par ce moyen, les François en possession de ce commerce, qui seroit d'une grande considération; et, comme la principale exécution de ce dessein doit venir de vous, Sa Majesté attend qu'en un rencontre aussy important vous luy donnerez des preuves de voslre zèle et de la grande expérience que vous avez pour ces sortes d'entreprises.
Je dois ajouter que , comme les Hollandois n'ont que des establissemens de marchands dans ces isles, sans beaucoup de fortifications, ni garnisons, il ne faut pas que vous fassiez estât d'aucunes troupes que de l'infanterie qui composera les équipages des vaisseaux et de la milice que vous pourrez faire dans les isles. Mais Sa Majesté estime que, les Anglois ayant pris sur eux, en 1666, tous les forts de Guinée avec les seuls matelots d'une escadre de six vaisseaux, et Ruyter les ayant repris sur les Anglois avec les matelots d'une mesme escadre, vous pourrez bien, avec U ou 5oo homme» que le Roy vous pourra envoyer sur les vaisseaux et le nombre d'hommes que vous tirerez des isles, faire cette entreprise particulière si vous failes bien reconnoistre auparavant ce qu'ils ont dans Curaçao.
A l'égard des munitions et des armes dont vous pourrez avoir besoin . Sa Majesté y pourvoira sur le mémoire que vous m'en enverrez. Sa Majesté a voulu vous donner cet avis beaucoup de temps auparavant que l'exécution s'en puisse faire, afin que vous ayez tout le temps de bien examiner,
prendre bien vos mesures et faire voir à Sa Majesté toutes vos pensées à ce sujet. Vous voyez bien qu'il est très-important que ce dessein demeure Ires-secret
(Bibl. Imp. Mm. S. F. 3,oia, Colbert et SeîfrneUi,j, IV, cote il , pièce a6, fol. 109.)