A M. ARNOUL
INTENDANT DES GALÈRES A MARSEILLE
Paris, 3 janvier 1671.
J'ay reçu vos deux lettres des a o et a 3 du mois passé. Je crois que vous avez bien fait de conclure un marché avec l'associé du sieur Jacquier pour la fourniture d'une partie des victuailles dont les galères auront besoin pour l'année prochaine, et qu'il est bon qu'il y aytun munitionnaire pour les galères comme pour les vaisseaux; mais vous deviez en mesme temps m'en faire sçavoir les prix afin de mieux connoistre si la chose est avantageuse.
Je suis de vostre sentiment qu'il y aura du mesnage à faire fournir par le sieur Dalliez, outre les armes, le chanvre, fer et les autres choses dont vous avez besoin pour vos constructions; vous pouvez luy en écrire el prendre ensemble des mesures pour cette fourniture, estant important d'éviter, autant qu'il se pourra , d'en prendre dans les pays estrangers.
Je suis bien ayse que vous ayez fait mettre en présence de mon fils la galère la Renommée dans la forme, pour luy en mieux faire remarquer l'usage; cependant s'il avoit omis d'exécuter quelqu'un des points contenus dans mes précédentes qui regardent son instruction , ne manquez pas de luy en envoyer les mémoires à Toulon, afin qu'à son retour je puisse connoistre. par le compte qu'il me rendra de tout ce qui concerne les galères, que son séjour à Marseille ne luy aura pas esté infructueux. J'ay vu le compte qu'il
1 Voir la pièce précédent*- et noie.
a «irresté de la recette et dépense de cette année, et je vous avoue que je mitonne fort que vous ne iuy en ayez pas fait faire le calcul pour voir à combien se monte la dépense, vu que c'est ce qu'il y a de plus essentiel.
A l'égard des achats de bois, vous pouvez conclure tous les marchés «jui se présenteront de bois de Provence propres pour les galères; mais, pour celuy des vaisseaux, je suis d'avis que vous le laissiez pour Toulon et que vous adressiez les marchands qui vous le veulent vendre à M. Matharei K
Je m'assure que vous ne manquez pas de prendre toutes vos mesures pour mettre les galères en estât de sortir aussytost que le Roy prendra la résolution de les mettre en mer ; cependant avancez, autant qu'il se pourra, la construction de la Héale et des autres corps de galères que vous avez commencés.
L'on m'a donné avis de l'invention d'une machine avec laquelle on prétend arrester les vaisseaux, et comme le sieur Caze, l'un des directeurs de la compagnie de Levant, est celuy qui a connoissance de cette machine, faites en faire l'expérience en vostre présence pour m'en mander ensuite voslre sentiment.
( Arch. do la Mar. Deptchet concernant la palcrn, 1671 , fol. 1.)