AUDITEUR DE ROTE A ROME
Paris, 3o janvier 1671.
Je donne part k l'intendant des galères à Marseille de l'avis que vous me donnez que le corps de l'une des galères du pape est à vendre, et qu«' don Vincent Rospigliosi 2 veut se défaire de 5o esclaves qui luy appartiennent. En cas que l'un des deux achats puisse convenir au service de Sa Majesté, je donne les ordres nécessaires pour y parvenir.
Le Roy n'a pas besoin d'avoir recours à aucun Estât de la ebrestienté ni à aucune personne pour la construction de ses galères. Ainsy l'offre que M. Caslaldi vous a faite ne peut pas estre reçue, et il n'y a pas lieu de s'en servir.
( Depping, Correspondance administratM sons bmU XIV, III , 46* I
IINTEiNDA.NT A ROCHEFORT.
(Copie portant : De la mot» de Colbert.)
Paris, 19 février 11)71.
J'ay envoyé encore depuis peu deux personnes différentes en Hollande et en Angleterre, le fds de M. Arnoul, intendant des galères, et le sieur de Monceaux. Par tous les rapports que j'ay eus sur la marine de ces deu\
1 Jean-Louis Girardin de Vauvré, enseigne de vaisseau en i6fi5, commissaire ordinaire de marine à Rocbefort en 1670, commissaire général à Toulon le a5 avril iG73, intendant tu Havre en 1 67'! , coulissai rc général de l'expédition de Sicile en 1677, à Dunkerque en i«»7<). Intendant à Toulon en 1080, maître
d'botel du roi en 1688, du conseil de marim en 1715. Mort à Paris le 3 0 septembre 1 7 s S . à l'Age de soixante et dix-sept ans. — Il <l«meurail rue du faubourg Saint-Victor, et avjii épousé, le 6 mars 1680, Louise Rellinwni.
* Don V incenzo Rospigliosi était alors j;t r* rabssime des troupes pontificales.
ET GALERES.
Estais, je vois que les Holiandois basassent plus légèrement que les Anglois etceux-cy plus légèrement que nous ; que les Holiandois tiennent leurs bastimeos fort plats de varangues, les Anglois moins, et nous les tenons fort coupés; que les Holiandois mettent presque toutes chevilles de bois, les Anglois beaucoup et quelques-unes de fer, et nous presque toutes de fer. Il y a quantité d'autres observations importantes, mais celles-cy sont les principales, et sur lesquelles il me semble que vous devez faire beaucoup de réflexion.
Il est certain que par la coupe de nos vaisseaux nous prétendons les rendre plus 6ns de voiles; mais il se trouve que ce que nous gagnons par la coupe, nous le perdons par la pesanteur de nos membres et par la quantité de fer dont nous chargeons nos vaisseaux. Il y a, de plus, une autre considération très-grande et très-importante à mon sens, qui est que les Holiandois rendent leurs vaisseaux fort plats de varangues pour pouvoir entrer plus facilement dans leurs ports en tirant moins d'eau, et récompensent la pesanteur que cette forme leur donne par la légèreté des membres et par le peu de fer qu'ils y mettent; en sorte que, par ces deux moyens, ils prétendent que leurs vaisseaux sont pour le moins aussy fins de voiles que les nostres, et ils se conservent l'avantage de tirer beaucoup moins d'eau, et par conséquent de pouvoir approcher plus près des terres et d'entrer avec plus de facilité dans les ports, havres, rades et rivières. 11 est très-certain que, avec nos vaisseaux coupés, si nous avions une guerre contre les Holiandois, nous ne pourrions pas entreprendre sur eux, à beaucoup près, ce qu'ils pourroient entreprendre sur nous; en quoy ils auroient assurément beaucoup d'avantage, d'autant plus qu'ils n'auroient jamais rien à craindre, ni dans la Meuse, ni dans la mer d'Amsterdam.
Faites une profonde réflexion sur tout cecy et consultez bien s'il ne serait pas à propos de bastir, à l'avenir, des vaisseaux aussy plats de varangues que ceux de Hollande, dont les membres ne fussent pas plus forts parles fonds, et qui fussent chevillés de bois au lieu de fer, afin que nos vaisseaux puissent bien suivre partout en cas de guerre. Vous sçavez qu'il n'y a rien de plus important et de plus nécessaire que de travailler toujours à perfectionner nos constructions.
J'espère que vous aurez fait partir le Breton et les deux oucres, et que vous serez aussy bientost en estât de faire partir le chevalier de Château- Renault. Il n'y a rien de plus important que d'occuper toujours la rade de Salé. Il est vray que M. le Vice-Amiral ne s'est point occupé à cette guerre, et je ne sçais mesme s'il a lu son instruction. Au moins, il ne le paroist point du tout par sa relation . . .
( A rcb. clr! la Mnr. D+pêrhc» cnnrtrnanl la marine ,1671, Toi. 89. )