A M. D'OPPÈDE
PREMIER PRÉSIDENT A MX.
Saint-Germain, .17 mars 1G71.
J'apprends, par les dernières lettres de M. Brodart, que les olïiciers mariniers et matelots de la seconde classe de Marseille s'opiniastrent à ne point paroistre, pour éviter de servir sur l'escadre que le Roy fait équiper à Toulon, quoyque la convocation en ayt esté faite, il y a desjà quelques jours l. Et comme il est d'une extrême importance au service de Sa Majesté
' Cependant Colbert avait écrit a ce sujet, k li du même mois, à Brodart: «Je ne vois i«as que les (grandes difficultés que vous prévoyez dans l'assemblée de cette classe puissent avoir lieu; et, quand bien mesme il s'y «11 renœntreroit quelques-unes , il faut les surmonter. Pour moy je ne douta point que, pourvu qu'ils
soyent avertis le ao ou le a5 de ce mois, ils ne se rendent tous à point nommé a Toulon, au premier jour du mois proebain. Il faut observer qu'ils ne doivent estre payés de leur solde entière que du jour que les vaisseaux sont en rade...* {Dép. couc. In mm. fol. |/|H. - - LiHm à Brixiat t. )
de ne pas tolérer plus longtemps une pareille désobéissance, particulièrement dans les commencemens de cet establissement, elle m'ordonne de vous écrire ces lignes pour vous dire que son intention est que, aussytosl que vous les aurez reçues, vous vous rendiez promptement dans ladite ville de Marseille, et que vous teniez ponctuellement la main à l'exécution de l'édit qui a esté enregistré au parlement de Provence sur ce sujet, en faisant punir sévèrement quelques-uns desdits matelots, afin de retenir les autres dans le devoir, et qu'ils demeurent persuadés pour toujours qu'il n'y a que la prompte obéissance qui puisse les mettre à couvert de la rigueur dudit édit.
J'attends avec impatience l'effet qu'aura produit vostre voyage pour en informer le Roy.
( Arrli. di* la Mar. Dépêche» concernant la marine, 1671 . fol. 17*.)