AU SIEUR DALLIEZ DE LA TOUR
FOURNISSEUR DE LA MARINE
Paris, 19 septembre 1671.
J'ay reçu vos lettres des 6, 9 et 1 3 de ce mois, avec la copie de celle que vous avez écrite à M. Matharel. Je ne sçaurois croire qui! veuille mettre entre les mains d'une compagnie la fourniture des marchandises de marine pour l'arsenal de Toulon, luy ayant toujours dit que l'intention du Roy estoit de la diviser à plusieurs marchands, afin de multiplier les .manufactures et d'establir parmy eux cette émulation qui doit produire l'abondance et le bon marché de toutes choses, et cela sans préjudice des principales fournitures dont vous estes chargé.
Je luy répète encore aujourd'huy la mesme chose, et, en cas qu'il se rencontre des marchands qui veuillent se charger de fournir quelque partie de ces principales marchandises, d'accepter leurs offres pourvu qu'elles savent à prix raisonnable et qu'ils ne les tirent que du dedans du royaume, ou qu'elles y ayent esté fabriquées, luy recommandant surtout de concerter ces marchés avec vous, dans la confiance que j'ay que vous concourrez toujours en cela à l'exécution de la pensée que j'ay de travailler peu à peu à mettre ces fournitures entre les mains des marchands, et de multiplier par ce moyen les establissemens l.
Jay vu le marché que M. Matharel a passé avec le sieur Rey, que vous avez proposé pour la fourniture d'une quantité de masts pendant six nnnées; mais je trouve que l'on y a omis une condition essentielle qui est que les masts doivent avoir au petit bout les deux tiers de la grosseur du gros bout; c'est à quoy il faudra prendre garde. Je seray bien ayse d'apprendre quel succès auront eu les essais que vous devez faire des cuivres de Dauphiné au retour de la visite des mines que le sieur Bauda est allé faire, après quoy je vous feray sçavoir si vous devez luy faire l'avance du tiers des 3o milliers de cuivre portés par son traité 2.
( Arch. de la Mar. Dépêche» concernant la marine , 1 67 1 , fol. 96. )
■ Voir pages 3ga et 398.
J Dalliez avait aussi été chargé d'exploiter b mines du Dauphiné, et voici ce que le ministre lui écrivait à ce sujet, le 9 janvier 1 670 :
*J'av vu la proposition du sieur Damis. Je < rois que, quand vous aurez bien examiné loul
qu'il peut faire sur les mines de Dauphiné
et les moyens de les cultiver, vous y réussirez mieux que tout autre ; de sorte qu'il n'y a pa* lieu d'avoir beaucoup égard à sa proposition , estimant que vous devet suivre celle affaire qui peut devenir considérable par les soins et l'ap pliration que vous y donnerez. . . n — Voir pièce n9 1 33.