A M. ARNOUL FILS
COMMISSAIRE DE MARINE A BORD DE LA FLOTTE
Versailles, g septembre 167a.
J'ay reçu la table des revues que vous avez faites, et un ample mémoire sur les vivres de l'armée navale; vous devez toujours signer les revues que vous faites.
Entendez-vous bien avec le sieur de Vauvré pour assister les malades, mettre à terre ceux qui ne pourront souffrir la mer; et, à l'égard de ceux qui seront plus malades, faites ce qui sera possible pour les envoyer en France, où ils seront bien mieux assistés.
Continuez à vous appliquer à bien connoistre les différences de tout ce qui concerne la marine en Angleterre avec celle de France, pour pouvoir profiter de ce que les Anglois ont de meilleur que nous.
Dans toutes les prises que les Anglois font en mer, vous ne devez point lesmoigner aucune affectation, mais seulement exécuter les ordres que M. le Vice-Amiral vous donnera.
Il y a beaucoup d'apparence que les câbles et les ancres envoyés de Dunkerque auront suffy pour les besoins de l'armée. Vous devez bien prendre
' Voir pièce n* 66 et note.
garde que l'envie des capitaines d'avoir toutes choses avec trop d'abondance ne nuise au service du roy1.
J'ay lieu de croire que cette campagne servira beaucoup à vous instruire et à vous rendre capable de bien servir le Roy. Prenez garde de ne rien laisser échapper de toutes les connoissances que vous pouvez acquérir par Yostre application.
Examinez si les voiles des vaisseaux anglois sont mieux taillées que celles des françois. Et, en ce cas, entendez-vous avec le sieur de Vauvré pour en faire tailler par les meilleurs maistres anglois et pour en envoyer un, s'il est possible , pour servir le Roy 2.
( Arch. de U Mor. Dépêche* concernant la nutrine, 167a , fol. 6i5.)