AU SIEUR HUBERT
COMMISSAIRE GÉNÉRAL DE MARINE A DUNKERQUE
Versailles, a3 septembre 167a.
J'ay reçu vos lettres des i3 et 16 de ce mois, et j'ay rendu compte au Roy de l'affaire qui vous est arrivée au sujet de quatre matelots faits prisonniers par des armateurs particuliers, que vous avez fait sortir de prison. Sur quoy Sa Majesté m'a ordonné de vous faire sçavoir qu'elle désire que vous évitiez absolument toutes ces sortes de contestations à l'avenir, et que . vous soyez bien persuadé que vous ne sçauriez avoir raison toutes les fois que vous aurez quelque chose à démesler avec le commandant d'une place aussy considérable que Dunkerque.
11 faut donc que, aussytost que vous aurez reçu cette lettre, vous alliez trouver M. de La Bourlie 1 pour le prier d'excuser ce qui s*est passé , et luy dire que vous avez ordre de luy remettre lesdits matelots entre les mains pour en faire ce qu'il luy plaira , et que vous les fassiez remettre en prison . s'il le désire ainsy et qu'ils soyent encore en vostre disposition, ensuite que vous fassiez ce qu'il vous dira sur ce sujet, et que vous luy disiez que vous en avez l'ordre.
Afin de régler vostre conduite sur toutes les affaires qui vous pourroient arriver à l'avenir, il faut que vous observiez de vous adresser à M. de La Bourlie toutes les fois que vous aurez besoin de son autorité, et que vous luy présentiez ce que vous estimerez estre du service de Sa Majesté. Et, en cas qu'il fasse ce que vous luy aurez demandé, vous en rendrez compte aussytost. S'il le refuse, vous en rendrez compte tout de mesme sans pousser l'affaire plus loin.
Vous sçavez que je vous ay averty, lorsque le Roy vous nomma pour aller à Dunkerque, de bien prendre garde de ne vous attirer aucune affaire. Je
1 Louis XIV avait des égards particuliers de lui, dans sa jeunesse, les fonctions de son pour M. de La Bourlie, qui avait rempli auprès gouverneur. (Voir II, A38.)
ET (îALÈRES. 467
vous le recommande encore de nouveau , parce qu'il serait impossible que vous demeurassiez dans la place où vous estes, si vous n'estiez pas en bonne intelligence avec le gouverneur.
(Àrrh. de h Mur. DepéchA r^rmw.l la manne , ,67a , fol. II*.)