AU CHEVALIER DE VALBELLE
CAPITAINE DE VAISSEAU
Saint-Germain, 13 octobre 167a.
J'ay va la lettre que mon fils a reçue de vous par cet ordinaire, et je suis bien ayse de vous dire en réponse, par ce billet de ma main, que le Roy a eu , pour faire le marquis de Grancey chef d'escadre , des raisons que je ne vous puis expliquer2.
Il suffit que je vous dise que vous continuiez de bien servir, et qu'il ne tiendra pas à moy que vos services n'ayent tout le succès que vous pouvez désirer. C'est assez vous dire pour vous confier entièrement à moy. Exécutez ponctuellement tous les ordres que vous recevrez du Roy, sans trouver à
1 La même lettre fut adressée aux contre- 1 Nous n avons pu découvrir quelles étaient
l-urs de marine dans les ports de Brest, le ces raisons. . Havre, Dnnkerqtte et Toulon.
redire ni répliquer sur aucune chose , et soyez persuadé que je seais et connois fort bien ce qui peul vous faire peine dans le service, et que je fernv bien valoir en temps et lieu tout ce que vous ferez sur ce point.
Le service auquel vous estes destiné est d'une telle importance qu'il faut que vous travailliez nuit et jour à vous mettre en mer. La coste de Biscaye a besoin de vostre présence , et la barre de Cadix aussy. Faites en sorte qu'en réponse de cette lettre je puisse dire au Roy que vous estes party l.
( Arch. de ia Mar. Dèpéclte$ concernant la marine, 167a , fol. 606 )
LIEUTENANT GÉNÉRAL DES ARMÉES NAVALES
Saint-Germain, i a octobre 107s.
Pour réponse à la lettre que vous m'avez écrite du ao septembre , vous pouvez estre persuadé que nous avons affaire à un maistre trop clairvovnnt pour ne pas connoistre la vérité de tout ce qui s'est passé pendant celte campagne et démesler le vray d'avec le faux. Cependant Sa Majesté m'a ordonné de vous faire sçavoir qu'il est du bien de son service que vous demeuriez à présent à Brest pour faire désarmer tous les vaisseaux en vostre présence , les faire amarrer dans le port et donner vos avis sur les radoubs qui leur sont nécessaires et sur tout ce qui est à faire pour l'armement de l'année prochaine, de concert avec M. de Seuil2.
A l'égard du congé que vous demandez pour venir icy, la raison des mauvais offices cessant , ainsy que je viens de vous le dire, le service de Sa
1 Le chevalier de Valbelle écouta les conseils de Colhort, qui lui en témoigna sa satisfaction par le billet suivant, le 98 du même mois:
«La résolution que vous avez prise d'obéir est assurément la meilleure. Servez bien, faites parler de vous, et laissez-moy faire du reste. Quant à vostre rang, si vous voulez le faire régler en forme, vous pouvez faire vos mémoires contre tous les capitaines qui sont nommés avant vous dans les listes et auxquels vous croyez pouvoir contester. Et, après avoir vu les raisons, le Roy jugera...» {Dép. conc. la mar. fol- 679.)
« Colbert écrivait à son frère, le 6 novembre suivant :
v Je ne doute pas que M. le Vice-Amiral no soit à présent dans les [torts du royaume; ain*y j'attends le sieur de Vauvré , qui sera sans doute party pour se rendre icy en diligence. Je croi« à présent toutes nos affaires de marine finies cette année pour l'Angleterre. Le Roy fait travailler dans tous ses ports pour mettre ses vaisseaux en estât de pouvoir estre rerois en mer
estre assuré que la ponctualité sera encore ftm grande l'année prochaine que la présente. J.« crois que vous aurez arresté ('estât de tonte? les dépenses qui auront esté faites par le sieur de Vauvré. Je l'attends avec im|«tiencc.
de lettres île (stlbert, fol. 7'''-)
Majesté veut que vous demeuriez à Brest. Mais si vous persistez, Sa Majesté pourra vous l'accorder aussytost qu'elle estimera que son service souffrira voslre absence. Surtout Sa Majesté m'ordonne de vous dire qu elle veut que vous continuiez de contribuer de tout ce qui pourra dépendre de vous pour maintenir une bonne intelligence avec les chefs et tous les officiers qui composent sa marine1.
(Areh. de la Mur. Dépêche» concernant la marine, 167a, fol. 610.)