‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 3)Chapitre 249 sur 486 · AU SIEUR DALLIEZ DE LA TOUR · texte numérisé non relu

AU SIEUR DALLIEZ DE LA TOUR

FOURNISSEUR DE LA MARINE

Saint-Germain, a8 octobre 167a.

11 est nécessaire que vous m'envoyiez promptement un mémoire de la quantité de matières qui sont dans les magasins de la fonderie de Lyon , consistant en canons crevés ou rebutés, en plaques, rosette , mitraille et estain qui appartiennent au Roy.

Le Roy désire faire fondre à Lyon, pendant l'année prochaine, un nombre de canons de fonte pour la marine. Faites-moy sçavoir combien de canons pourront estre faits desdites matières, afin que Sa Majesté en fasse faire le fonds pour la façon, sur le pied qui est payé au fondeur

» C'esi-â-dire avec une charge de poudre d.i poids du boulet.

Baubc, c'est-à-dire koo livres des pièces de huit et au-dessus, et 3oo livres de celles au-dessous. Ce pendant ordonnez à M. Emery de préparer toutes choses, et surtout recommandez-luy de les faire bons et bien proportionnés; et, lorsqu'il sera question de les recevoir, il faudra leur donner une épreuve bien exacte

Jusqu'à présent le Roy vous a payé les marchandises que vous avez livrées pour la marine sur un pied beaucoup plus cher qu'il ne Pauroit esté si on les avoit prises ailleurs, pour vous donner moyen d'establir vos manufactures. Présentement qu'elles doivent estre establies, il faut que vous cherchiez les moyens de les soutenir sans qu'il en coustc rien au Roy. Le meilleur est de vendre et débiter les marchandises qui proviennent desdites manufactures; pour cet effet, il faut que vous establissiez des magasins à Marseille et Toulon où vous puissiez tenir des canons de fer, ancres, fer ouvré, toiles de voiles, chanvres et autres marchandises propres à la marine, pour y estre vendues aux marchands et aux estrangers mesmes qui en auront besoin. Et en cas que vous ayez besoin de quelque secours pour faire cet establissement, qui pourra produire quelque avantage au royaume, je crois que le Roy pourrait vous donner quelque assislance. Mandez-moy promptement vostre sentiment sur cette pensée.

Je dois vous avertir que l'on m'offre de livrer des boulets de tous calibres à 55 livres le millier, rendus dans les arsenaux de marine, et toutes les autres fournitures de fer à la mesme proportion. Examinez avec soin si vous pouvez les donner à ce prix-là, d'autant que je ne puis plus permettre que l'on vous en donne le prix excessif qui vous en a esté payé jusqu'à présent.

A l'égard des ancres, comme vous m'avez dit que, des trois forges qui esloient establies à Vienne, vous en avez supprimé deux, je vous avoue que je m'étonne que, quoyque le commerce et la navigation augmentent comme ils font dans le royaume et parliculièrement en Provence, vous n'avez encore pu trouver les moyens d'en vendre aux marchands pour les vaisseaux. 11 me semble qu'en cela il y a un peu de vostre faute.

(Arch. delà Mar. DéjKchti concernant la marine, t6-«, fol. 677 )

1 Voir pièce 11" 116.

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