INTENDANT A MONTAUBAN
Paris, h octobre 1673.
Je vous ay cy-devant écrit sur ce qui regarde l'affaire que le sieur Dumont, commissaire de marine, qui est employé* dans les Pyrénées, a contre le nommé Boisgion , qui a esté transféré dans les prisons de Montauban.
Il est nécessaire que je vous dise qu'il importe au service du roy que vous régliez promptement cette affaire, et mesme que vous la terminiez le plus avantageusement qu'il se pourra pour le sieur Dumont, d'autant plus que c'est en quelque façon l'officier du roy qui doit faire valoir audit Dumont les sommes qui ont esté mises entre les mains dudit Boisgion pour tous les travaux auxquels il estoit engagé. A quoy j'ajouteray que l'establissement auquel ledit Dumont travaille et duquel vous estes informé, est d'une si grande conséquence pour le bien du service de Sa Majesté, que non-seulement il est nécessaire de le décharger promptement du soin de cette affaire, qui consomme le temps qu'il doit employer à perfectionner ledit establissement, mais mesme je vous puis assurer qu'il y réussit si bien et avec tant d'avantages pour Sa Majesté, qu'il mérite une protection toute particulière. Je vous prie donc de luy en donner des marques en terminant promptement et favorablement cette affaire ; et faites-moy sçavoir au plus tost ce que vous y aurez fait.
Je suis bien ayse de vous répéter encore que vous ne devez pas considérer ce que je vous écris comme une simple recommandation, et de vous dire que la raison qui m'oblige à vous écrire de telle sorte est que, si nous ne donnons audit Dumont toutes les facilités qui luy sont nécessaires, il sera impossible au Roy de faire mettre en mer ses armées navales l'année prochaine. . .
( Arch. de la Mnr. Drpécke* roncrntnul la marine, 1673 , foi. 463 |
INTENDANT A ROCHEFORT
Versailles, 3o octobre 1673.
Vous voyez assez que toute mon application présente tend à faciliter, par tous moyens possibles, le travail de ma charge, en sorte que mon fils
la puisse faire avec plus de facilité, et que c'est pour parvenir à cette fin que j'ay fait le projet d'inventaire général et toutes les autres tables que ïous avez vues depuis peu.
Pour bien régler cet inventaire général en sorte qu'il soit uniforme dans tous les ports, j 'ay envoyé à Brest et à Toulon le mesme inventaire et le mesme ordre que je vous ay envoyés. J'en ay reçu les projets qui ont esté faits en exécution , que je vous envoyé avec les vostres , et vous prie , toutes affaires cessantes, de vous appliquer, une ou deux journées entières, à concilier ces trois inventaires, et des trois en composer un qui puisse servir dans tous les arsenaux de marine *.
Je trouve que le plus ample des trois est celuy de Brest, dans lequel il y a 706 articles, dans le vostre 6(j8 et dans celuy de Toulon 618. J'estime qu'un inventaire général doit estre le plus ample qu'il sera possible, et aussy je crois que vous devez mettre tous les articles qui sont en l'un et non en l'autre.
Vous trouverez peut-estre des articles appelés d'un nom en Levant, et d'un autre en Ponant; pourvu que ce soit la mesme chose, il faudra que le Levant change ces noms pour s'accommoder au Ponant, à moins que vous ne trouviez les noms de Levant plus propres que ceux de Ponant , sur quoy je me remets au jugement que vous en ferez.
En cas qu'il y ayt des termes dans l'inventaire de Levant que vous n'entendiez point, vous aurez assurément des officiers du désarmement qui sont de Levant qui vous les expliqueront.. .
(Arrh. de li Mar. Dépêche* concernant /a marin*, 167S, fol. 55S.)