‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 3)Chapitre 307 sur 486 · A M. DE MOYENNEV1LLE · texte numérisé non relu

A M. DE MOYENNEV1LLE

LIEUTENANT DE L'AMIRAUTÉ A Dl.NKEHQlE.

Versailles, i5 novembre 1675.

J'ay esté surpris d'apprendre, par vostre lettre du 8 de ce mois, les désordres que la mer a faits à Calais pendant six jours de tempestes. Quoique le mal soit grand, il a toujours esté avantageux que la jetée Chariot ayt résisté et que les ouvrages qui ont esté faits dans les dunes ayent enipesché la mer d'y passer. Mais vous devez promptement travailler à voir

1 Le même jour Colberl écrivait à l'intendant de Rochefort :

«Enfin, après vous avoir écrit plus de trente lois depuis sept ou nuit mois pour taire venir à Rochefort le vaisseau le Fendant, nous voicy arrivés ou 1 a novembre sans apprendre ni qu'il soit arrivé A Rocbefort, ni mestne qu'il soit en mer. Vous avez pourtant clairement connu, par loutes les leUres de mon fils et les miennes, combien a-la estoit important et nécessaire au service du roy, non-seulement parce que Sa Majesté ne veut plus tenir d'ateliers à Bayonne

cet byver, mais mestne pour beaucoup d'autres raisons plus pressantes et plus importantes. C'est ce qui m'oblige a vous écrire ces lignes pour vous dire que , aussy tost que vous les aurez reçues, vous fassiez partir en poste le commissaire de marine le plus intelligent qui soit à Rocbefort et que vous luy donniez tous les secours nécessaires, mit pour les vivres de ce vaisseau, les agrès, apparaux et armement, soit pour la levée de l'équipage, et généralement pour tout ce qui est nécessaire pour le

mettre en mer, et ie (aire partir trois jours après qu'il sera arrivé à Bayonne. . . »

Mais le vaisseau n'était pas prêt , car le 1 3 du mois suivant Colbert écrivit encore à Guiflon :

«Je ne sçaurois assez m étonner de la négligence que vous avez eue dans la construction du vaisseau le Fendant, et c'est une chose honteuse pour vous qu'après avoir eu tous les secours d'argent et d'agrès que vous avez demandés ce vaisseau soit encore obligé de jasser une partie de l'hyver à Bayonne. Je ne puis rien ajouter à tout ce que je voua ay écrit sur ce sujet. C'est à vous d'examiner s'il est passible de le faire sortir avant la fin de ce mois ou le premier jour du prochain, quand mesmeil devroit courir quelque risque, parce qu'en ce cas Sa Majesté veut que vous le fassiez partir. Mais si cela ne se peut absolument, renvoyez promptement à Rochefort les soixante matelots qui vous ont esté adressés à Bayonne. et faites sçavoir en mesme temps audit sieur «I»' Demuin le temps auquel il vous les renverra précisément. . . * (Mente prnvenanct aw Ut lettre fol.393elA*&)

toul ce qui se peut faire pour enipescher la mer défaire des désordres plus considérables et mesrae , s'il est possible, pour réparer, sans aucune perte de temps, ceux qu'elle a faits. J'attends avec impatience le mémoire de la quantité de terrain et de digue ou jetée qu'elle aura emportée, et les remèdes que vous aurez trouvé y pouvoir apporter.

Et, comme ces grands désordres doivent donner la connoissance de leur cause, vous devez aussy, avec les pilotes et autres gens habiles de Calais qui ont vu beaucoup de ces désordres , examiner et chercher les moyens d'ajouter, s'il est possible, de nouvelles précautions à celles qui ont esté prises par le passé, afin d'éviter à l'avenir ces mesmes accidens; c'est sur quoy vous me ferez réponse au plus tost. . .

( Bibl. du Dépét de* fortifo*thn$ , Mu. ioh , 1676 , page »84. )

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