À M. ARÎVOUL FILS
INTENDANT DE MARINE A TOULON
(Copie portant : De la main de Colbert.)
Pari», si juin 1676.
Je suis en peine de sçavoir si le chevalier de Château-Renault est arrivé à Messine, et, quoyque j'ayo lieu de n'en point douter, ne manquez pas do me donner avis avec diligence de tout ce que vous en apprendrez.
Je suis étonné de n'avoir point reçu de lettre de vous par cet ordinaire. Vous devez prendre garde de ne pas manquer d'écrire au moins toutes les semaines, et je m'étonne surtout que, lorsque l'ordinaire est party, vous n'eussiez encore reçu aucunes nouvelles du grand combat qui s'est donne près de Palerme l.
En cas que les sieurs Compans*, de Gênes, et Cotolandi, de Livourne, vous envoyenl quelques ballots pour moy, ne manquez pas de me les envoyer par la plus prompte voye que vous pourrez...
( Arcb. de la Mnr. DrpSckn concernant la marine, 1676. fol. 1S1.)
A27 — AU SIEUR DALLIEZ DE RÉALVILLE,
FOURNISSEUR DE LA MARINE
(Copie portant : De la main dt Colbert. )
Sceaux, 91 juin 1676.
Je reçois icy une lettre du 1 8 de ce mois qui m'apprend la continuation de la maladie de vostre frère3, dont je suis bien fasché, et par l'amitié que j'ay pour luy et par le besoin que j'avois de sa présence à Toulon. Comme les vaisseaux de l'armée navale de Sa Majesté y sont arrivés à présent, j'approuve la proposition que vous me faites d'y aller en sa place.
Vous devez observer, avant vostre départ, qu'il est de la dernière conséquence pour le service du roy que vous fassiez partir avant vous tout le
» II parait qu'Arnoul avait fait son profit respondance, à la bataille de Palerme, Knw de» sévères reproches que lui avait adresses le 9 juin, dont il avait certainement appris
Colbert, le 99 mai précédent, au sujet de l'issue, sa relation du combat du 99 avril, puis- ' Nicolas Gompans était consul à Gènes àe-
qu'il avait, cette fois, poussé la réserve jus- puis février 1679. qu'à ne faire aucune allusion, dans sa cor- » Dalliez de La Tour.
reste des marchandises que vous devez fournir en exécution des estats du royque je vous ay délivrés; et prenez bien garde que rien ne manque, parce que nous avons un besoin si pressant, si absolu et si nécessaire de tout ce qui est compris dans lesdits estats, que, s'il y avoit quelque chose qui y manquast, Ton ne pourroit pas remettre en mer les vaisseaux de l'armée de 8a Majesté.
Surtout prenez bien garde d'envoyer le plus grand nombre de masts, de vergues et de boulets qu'il vous sera possible; et d'autant que l'on ne sçauroit avoir trop de boulets dans les ports, et que nous en avons man- (|ué cette année, ne manquez pas d'en faire encore fondre jusqu'à cinq ou six milliers dans vos fourneaux de Bourgogne, et de les envoyer à Toulon à mesure qu'ils seront fondus.
( Arch. de la Mar. Dépêche, concernant la marin*, iG7fi, fol. lit.)