‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 3)Chapitre 337 sur 486 · AA7. — A M. ARNOUL FILS · texte numérisé non relu

AA7. — A M. ARNOUL FILS

INTENDANT DE MARINE A TOULON

(Copie portant : Dictée par Colbert.)

Paris, 10 arril 1677.

Je vous envoyé copie de la lettre que j'écris à M. du Quesne, qui vous fera connoislrc qu'il faut faire l'impossible pour faire partir les vaisseaux sans aucun retardement. De vostre part, vous devez surmonter toutes les difficultés sans en faire aucune et sans demander aucun éclaircissement; et prenez bien garde que, par la première lettre que je recevray de vous, j'apprenne que tous les vaisseaux sont paitis.

Je suis bien ayse de vous avertir que, par toutes vos lettres, je vois que vous censurez une bonne partie des avis et des sentimens du sieur du Quesne sur tout ce qui concerne la marine, et les défauts qu'il trouve dans les radoubs et dans beaucoup de choses qui se font dans l'arsenal pour l'armement et équipement des vaisseaux. Néanmoins soyez assuré que, quand vous estudieriez encore vingt ans sous ledit sieur du Quesne, vous ne seriez pas si habile que vous croyez l'estre1, et que, excepté quelques petites difficultés qu'il a naturellement dans l'esprit et qui ne sont pas considérables, vous ne pouvez rien faire de mieux, et pour vostre instruction et pour le service du roy, que de vous appliquer avec un très-grand soin à bien entendre ce qu'il vous dit et à le bien exécuter, parce que , en faisant cela , vous avancerez dans le chemin de la perfection où vous devez tendre pour tout ce qui regarde les constructions, les radoubs, équipemens et arméniens des vaisseaàx du roy; en quoy vous ne devez pas croire vostre sens, qui vous suggère que vous y estes beaucoup plus habile que vous n'estes en effet. Si vostre père estoit en vie, il vous diroit cela, et je ne fais que suppléer à son défaut.

( Arcb. de la Mar. Dépêche, concernant la marine, 1677, fol. 97.)

LIEUTENANT GÉNÉRAL DES ARMÉES NAVALES

(Copie portant : Dicté* par Colbert.)

Paris, to avril 1677.

Vous apprendrez les intentions du Roy par les lettres de Sa Majesté et celles de mon (ils que je vous envoyé. Je suis bien ayse d'y ajouter seulement que le départ des vaisseaux, tant du premier que du second convoy, pour Messine, est d'une telle conséquence pour Sa Majesté que vous devez ne vous arrester à aucune difficulté, et les surmonter toutes, en prenant toutes sortes d'expédiens, mesme les plus difficiles, quand mesme ils se trouveroient entièrement contre vostre sens, n'y ayant rien que vous ne deviez faire pour cela dans une occasion aussy pressante que celle-là 2.

1 Voir pièce n' 65 1 , dernier paragraphe. lettres de Sa Majesté et par celles de mon fils » Le même jour Colbert écrivait d'une ma- qu'il vous porte. Je suis bien ayse d'y ajou-

niére non moins pressante à M. de Manse, ter qne vous ne devez ps retarder un seul commandant de la Capitane : moment de partir, pour quelque cause que «Je voua écris seulement ce billet, par le ce soit, ne doutant point que tous les bastide vostre courrier, pour vous dire que mens de charge qui doivent vous suivre ne les intentions du Roy par les soyenl prests dès il y a longtemps. Parte* donc ,

Surtout ne demandez icy aucun éclaircissement sur les ordres que vous avez reçus, mais mettez à la voile sans un seul moment de retardement, et soyez assuré que vous me trouverez tel que je vous ay écrit par mes lettres sur le sujet de vos avantages.

(Axth. do la Mar. Dtpécke* concernant la mart**, »677, fol. 97.)

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