‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 3)Chapitre 352 sur 486 · LOUIS XIV AU DUC DE VIVONNE · texte numérisé non relu

LOUIS XIV AU DUC DE VIVONNE

GÉNÉRAL DES GALÈRES

(Copie portant : Dicte* par Colbtrl.)

Versailles, A octobre 1677.

Je reçois continuellement des avis si certains de toutes les tentatives

que les Espagnols et leurs émissaires font de tous costés pour trouver des

gens assez déterminés pour entreprendre de mettre le feu à mes vaisseaux m. - 9 5

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et galères qui sont en Sicile, que je ne puis différer de vous faire sçavoir les particularités de quelques-unes de ces tentatives. Je sçais certainement que le duc de Giovenazzo, envoyé d'Espagne en Savoie, a traité avec deux différens particuliers pour mettre le feu à mesdits vaisseaux et galères, et qu'il a mis le prix à 3,000 pisloles pour ceux qui portent pavillon et 1,000 pour chacun des autres, et que ces différens traités ont esté mesme ratifiés par le roy d'Espagne C'est de quoy j'ay estimé nécessaire de vous donner avis, et de vous dire en mesme temps que je veux que vous vous appliquiez à prendre toutes les précautions nécessaires pour la seurcté de mesdits vaisseaux et galères; et, pour cet effet, que vous fassiez visiter avec grand soin toutes les soutes aux poudres, que vous teniez la main à ce qu'elles soyent si bien fermées que qui que ce soit n'y puisse entrer que les officiers nécessaires et en qui chacun capitaine de mes vaisseaux pourra se confier.

Vous devez aussy estabiir la garde de mesdits vaisseaux , pendant le jour et la nuit , en telle sorte qu'aucun François ni estranger n'en puisse approcher sans' eslre découvert et arresté; et enfin les faire ranger dans les ports et dans les rades où ils séjourneront, en telle manière qu'en cas d'accident ils puissent estre facilement secourus.

Dans une occasion aussy pressante et aussy importante au bien de mon service que celle-là, je désire que vous vous appliquiez vous-mesme, et obligiez tous les principaux officiers à s'appliquer également à rechercher avec tout le soin dont ils sont capables tous les expédiens dont on peut se servir pour parvenir à empescher l'exécution de cette entreprise, et pour apporter tous les remèdes que vous et eux estimerez convenables.

Je désire que, en exécutant les ordres que je vous ay desjà donnés, vous fassiez partir, à la fin de ce mois ou au commencement de l'autre, les 10 vaisseaux que je veux estre renvoyés à Toulon.

Je fais cependant préparer un convoy considérable audit port, pour vous porter dans le mois de novembre tout ce dont vous pourrez avoir besoin

' Ne serait-ce pas à ces tentatives que fait allusion Collier t dans la lettre suivante, du 10 décembre 1677, adressée à M. Rouillé, intendant à Aix?

«J'ay esté bien ayse d'apprendre, par vostre lettre datée d'Aix le dernier du mois passé, que mus ayez fait arrester le nommé Durbec et que vous a y ex commencé à l'interroger sur le sujet de la machine qu'il devoil faire pour brusler les vaisseaux et les galères du roy, puisqu'il psI convenu qu'il avoil commencé a

y travailler. J'espère que , dans la suite de celte affaire, vous découvrirez entièrement ceux qui Pont mis en besogne. Je vous envoyé, par la diligence de Lyon, la macbineque vousdemandez, qui fut trouvée, il y a deux ans, dans le port de Toulon , afin que vous puissiez vous en servir pour dérouvrir si c'est de l'ouvragp de cet homme. Prenez la peine, s'il vous plai>t, de m'envoyer copie de son interrogatoire, afin que j'en puisse rendre compte a Sa Majesté - (Ordre, du roi, fol. aftfi.)

pour mes vaisseaux et galères pendant Phyver prochain , et je vous confirme les avis que je vous ay desjà donnés que les Hollandois n'enverront aucun vaisseau dans la mer Méditerranée de tout l'hyver.

( Arrh. de ia Mur. Ordre* du roi concernant le* galère* , 1677 » f°'* '9&-)

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