A M. DE DEMUIN
INTENDANT A ROCHEFORT
Saint-Germain, tU décembre 1677.
J'ay fait venir le sieur Dalliez, caution de Claude Pierre! , munitionnaire des armées navales du roy, pour sçavoir de luy en quel estât est le compte des vivres qu'il a fournis aux équipages des vaisseaux de Sa Majesté pendant l'année dernière 1 676 , et j'ay esté fort surpris d'apprendre que, bien loin de pouvoir présenter ce compte, il luy manquoit encore une partie de ceux des fournitures faites à Rochefort, en 1675, sous le nom de Vil— lette. Cependant, voilà l'année 1677 sur le point d'expirer, en sorte que vous avez eu deux années pour arresler ce compte sans que vous ayez pu le faire. Ne manquez pas de le finir promptement, pendant que le sieur de Bonrepos est à Rochefort. Àussytost que vous l'aurez achevé, terminez avec la plus grande diligence qu'il vous sera possible celuy de l'année 1676, et disposez-vous à arrester, dans les premiers mois de la prochaine , les estais de la fourniture qui a esté faite pendant la présente année2.
Le peu d'exactitude qui a esté apporté jusqu'à présent dans les avances
1 Le a & du mémo mois, Colbert était forcé d'adresser à du Quesne de nouvelles observa-
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tous une raesme matière, qui consiste à vous reromma nder d' estre pl us facile que vous n'estes naturellement sur tout ce qui regarde les be-
pouvant ro'empescher de vous dire que, ayant rendu autant de services que vous avez fait et estant aussy capable que vous Testes d'en rendre de grands et de considérables, vous ne devçz jâniciis in Ici i i [ i 1 * *on oisso ce (|uc nous en avons pour vous exciter à faire des bagatelle», lesquelles, quoyque telles, ne laissent pas d'eslre très-importantes au service.
tJe vous conjure donc de faciliter toutes cbose6, d'entrer dans tous les besoins qu'on peut vous représenter et de donner toutes les facilités oui oourront dénendre de vous, estant important et nécessaire pour le bien de l'Estat, pour la satisfaction du Roy et pour vos propres avantages, que l'on se loue autant de vostre facilité que l'on se loue de vostre suflisance et de vos services.» (Dêp. conc. lamar. fol. 468.)
* Le 6 octobre précédent, Colbert avait déjà blâmé à ce sujet le même intendant :
«Les directeurs des manufactures de ma-
qu'au mois de juillet dernier le compte des munitions qu'ils ont deu fournir à llocbefort pendant l'aimée 1676 , et , lorsque je leur ay
faites aux familles des matelots qui servent sur les vaisseaux du roy ayant causé beaucoup de confusion dans les décomptes qui se font au désarmement et de perte des fonds ordonnés par Sa Majesté pour leur solde, elle se voit comme forcée de retrancher ce secours auxdites familles, pour remédier aux abus qui s'y sont trouvés. C'est pourquoy Sa Majesté ne veut plus qu'il leur soit rien payé que suivant le consentement par écrit des matelots, ainsy qu'il est porté par son ordonnance du 7 aoust 1 676 ; et lorsqu'elle sera exécutée et qu'il paroistra qu'un tel nombre de matelots embarqués sur un tel vaisseau consentent qu'il soit payé tant à leurs familles pendant leur absence, Sa Majesté fera remettre dans les ports les fonds nécessaires pour cette dépense , et rien autrement *. Sur quoy vous devez observer de m'envoyer des rôles exacts des avances que vous faites aux matelots qui doivent servir sur les vaisseaux destinés pour passer dans la Méditerranée, et de distinguer ces rôles par vaisseau. Lorsque vous aurez ordre de faire passer à Toulon des matelots de vostre département pour s'embarquer audit port, il suffira que vous m'envoyiez des rôles desdits matelots contenant les avances que vous leur aurez faites, et je donneray ordre au sieur Arnoul de m'envoyer de suite un estât de la distribution desdits matelots sur les vaisseaux de Toulon.
(Arch. de la Mar. Dépêches concernant la marint, 1677, fol. 436.)