A M. ARNOUL FILS
INTENDANT DE MARINE A TOULON
Paris, a a février 1678.
Toutes les raisons que vous alléguez sur le sujet de Baubc sont des productions de vostre esprit, qui cherche à s'excuser des fautes les plus lourdes pour ne s'en pas corriger, et vous ne pouvez vous disculper de n'avoir point écrit, depuis quatre ans que vous estes à Toulon, pour faire régler une fois pour toutes ce qui concerne cette affaire, et de l'avoir toujours
» Écrivain au port de Rochefort depuis i675. Rayé en 1676.
* Les liens de parenté ou d'amitié entre les employés de la marine et les fournisseurs donnaient de l'ombrage au ministre. Le i5 juin 1680, il écrivait à Levasseur, contrôleur à Brest:
■A Tégnrd de vostre mariage avec la Iill<- de
Hubac, maistre charpentier, je n'ay rien à vous dire; mais il ne faut pas que vous prétendiet demeurer contrôleur à Brest , ayant en celle qualité l'inspection sur ce que fera vostre beaupère, et estant allié à la phqtarl des 1 qui fournissent dans le port. . .» (/>*/>. /« mar. fol. a 85.)
laissée dans la confusion, ce qui ne peut estre jamais avantageux au roy. Dans peu de jours, je vous enverray le règlement que vous devez suivre pour le payement de la façon des pièces de canon que ledit Baube aura fondues, et, s'il ne s'en contente pas, il faudra le licencier; mais surtout ne manques pas de faire fondre le nombre de canons qui ont esté ordonnés celte année.
J'ay esté fort étonné de voir, par vostre dernière lettre, les difficultés que vous trouvez et Testât où est la carène des six derniers vaisseaux que vous devez armer. Je ne sçais pas de quelle qualité est le pays où vous estes, parce que j'avois toujours ouy dire que Toulon estoit bien plus méridional que Paris, et vraysemblablement, dans l'ordre universel de la nature , le temps y devrait estre plus beau qu'icy, et je vois néanmoins que , toutes les fois que vous avez quatre vaisseaux à armer, il semble que Dieu ouvre les cataractes du ciel pour pleuvoir continuellement et faire tomber toules les tem pestes sur ce petit canton de terre pour retarder l'exécution des ordres du roy, ne voyant pas une de vos lettres, dans ces occasions, qui ne m'annonce des pluies continuelles ou des tempesles prodigieuses qui empeschent toute sorte de travaux. Je vous redis encore, sur ce sujet, ce que je vous ay desjà dit bien des fois, que je n'ay jamais vu un esprit si inventif à trouver de meschantes raisons pour excuser les défauts de prévoyance et d'application; c'est à vous à voir si cette disposition d'esprit est bonne pour apprendre et pour se corriger de ces fautes à ses propres dépens.
Comme il y a plus de deux mois que vous avez les ordres pour armer et envoyer ces six vaisseaux , je ne puis pas comprendre comment il est possible que, le iq de ce mois, vous m'écriviez qu'il n'y en a qu'un seul en rade, et que tous les autres ne sont pas achevés de caréner, quoyque vous m'ayez écrit que, le 10 de ce mois, ils seraient en mer; car il est difficile de les mettre en cet estât que plus de quinze jours après la carène. Je ne vous puis rien dire davantage sur cette matière, et je vous ay tant dit de fois que le retardement de quatre jours pouvoit causer le plus îprand préjudice que le Roy peut recevoir dans sa marine, que je néglige de vous le répéter1.. .
(Arcb. do la Mar. D^pt'che, concernant la marine, 1 678, fol. io'i.)
1 Deux jours après, Colbert lui écrivait encore:
«Pour me servir d'un article général pour répondre presque à lonles vos lettres, et particulièrement à celles des 1 1 et ta de ce mois,
il n'y a qu'à vous dire qu'elles sont toujours pleines d'inexécution des ordres du roy, de difficultés pour les exécuter et de raisons belles el grandes pour prouver que vous n'avez pu ni deu le faire ; jugez vous-mesme si le Rov peut estre
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