AU DUC DE VI YONNE
GÉNÉRAL DES GALÈRES
Saint-Germain, a8 may 1679.
Vous voulez bien que, en l'absence de mon fils1, je commence à tenir correspondance avec vous pour ce qui .concerne sa charge, en vous disant que le Roy m'a demandé ce matin si vous n'estiez point encore parly, Sa Majesté ayant ajouté que M. le duc de Nevers2 avoit écrit icy, donnant part de son arrivée, qu'il ne partiroit encore de trois semaines.
Quoyque ce soit de ses plaisanteries agréables à son ordinaire, sur ce que j'ay dit à Sa Majesté que vous aviez esté retardé de quelques jours parce que le inunitionnaire n'avoit pas fourny si promptement qu'il auroit esté nécessaire le quatrième mois de vivres, elle m'a ordonné sur-le-champ de vous envoyer ce courrier exprès pour vous dire qu'elle veut que vous partiez sans aucun retardement cl mesme sans attendre aucuns vivres, vous contentant de ce qui se trouvera prest en donnant au sieur Rrodart des rendez-vous pour faire porter le reste des quatre mois de vivres qui vous manqueront, Sa Majesté voulant que vous soyez en mer au moins ledit temps de quatre mois. Au surplus, elle est bien assurée que vous exécuterez ponctuellement les ordres portés par vostre instruction et qu'elle tirera de vostré navigation tout l'avantage que Testât présent des affaires de l'Europe luy doit faire espérer. Surtout, en cas que vous rencontriez quelque vaisseau majorquin, Sa Majesté veut que vous Parresliez et l'ameniez dans ses ports jusqu'à ce que le roy d'Espagne ayt fait relascher tous les vaisseaux de ses sujets qui ont esté pris par les corsaires de cette isle, nonobstant les passe-ports du duc de Villa-Hermosa, et depuis la paix publiée3.
Je vous envoyé une lettre du Roy pour vous expliquer la manière avec
» Le marquis de Seignclay s'était rendu au Havre. Il fut absent pendant trois semaines.
3 Philippe-Julien Maxarini-Mancini (voir I, •<*).
a Le rabinel de Madrid avait déjà témoigna fie ses bonnes dispositions « l'égard de
la France, le consul d'Espagne à Livourne ayant reçu l'ordre «le faire arrêter tous les corsaires majorquins qui paraîtraient dans ce port. ( Lettre du a 1 niai 1 679 , à Cotolandi. Hep. rmr. la mar. fol. o8fi.)
MAH1NE
laquelle vous en devez user en cas que le parlement de Provence décrète contre aucun officier, matelot ou soldat des galères; j'y joins aussy des lettres du Roy au parlement, au premier président et procureur général , afin que vous les fassiez rendre pour les instruire des intentions de Sa Majesté, et empescher qu'ils entreprennent jamais d'arrester des officiers matelots et soldats estant actuellement sur les galères1.
Au surplus, je vous prie de me faire part de Testât de vostre santé le plus souvent que vous le pourrez pendant vostre navigation.
(Arcb. delà Mar. Dtyéche$ conctmant la ffaUret , 1679, M. 140.)