‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 3)Chapitre 450 sur 486 · AU MARQUIS DU QUESNE · texte numérisé non relu

AU MARQUIS DU QUESNE

LIEUTENANT GÉNÉRAL DES ARMÉES NAVALES

Versailles, t" juin 1689.

Je vous envoyé le projet de traité que le Roy a ordonné qui vous fust remis entre les mains, afin que si, par ce qui se passera à Alger, vous trouviez de la disposition à obtenir les conditions contenues en ce projet, vous puissiez traiter avec le divan de ladile ville, conformément aux intentions de Sa Majesté.

Comme vous estes informé de quelle importance il est au commerce des François d'avoir paix avec ceux d'Alger, et que d'ailleurs vous sçavez qu'il est de la gloire du Roy de n'entendre aucune proposition de la part de ces corsaires qu'ils n'ayent senly ce qu'ils ont à craindre de la témérité qu'ils ont eue de recommencer leurs actes d'hostilité, je ne doule point que, suivant ces deux principes, vous vous serviez des conjonctures favorables que vous aurez pendant cette campagne pour réussir à cette paix , s'il est possible de l'avoir aux conditions portées par ledit projet.

Le retardement extraordinaire que vous avez apporté à vostre retour cause un grand préjudice à ce qui est en cela des intentions de Sa Majesté, et elle m'ordonne de vous dire que, comme elle est accoustumée de se voir obéir promptement et sans aucune interprétation de ses ordres, si vous ne vous résolvez de remonter en arrivant sur le vaisseau que vous devez commander et de partir un ou deux jours après, pour l'exécution de ce qui vous a esté ordonné, elle sera obligée d'envoyer ces mesmes ordres et de les faire exécuter par un des officiers généraux qui dévoient servir sous vous. • .

Je ne doute pas que vous n'évitiez une chose de cette nature, qui dimi-

i, la leltre suivante était expédiée à du qu'elle estime estre très-préjudiciable à son

Quesne : service et au succès de l'entreprise que vous

«Quoyque je vous aye expliqué les intentions devex tenter sur Alger. Je dois vous dira, sur ce

du Roy, par l'instruction que je vous ay en- sujet, que si, nonobstant tout ce qui vous a este

voyée et la lettre qui y estoit jointe en date du écrit, vous envoyé* encore un nouveau

19 de ce mois, Sa Majesté m'ordonne encore pour recevoir quelque éclaircissement avant

de vous écrire, par cet ordinaire, pour vous vostre départ, vous ferez beaucoup de peine à

marquer de nouveau de quelle extrême impor- Sa Majesté. Je vous prie donc de partir, toute

tance il est que vous parties de Toulon auasy- raison cessante, aussytost que vous 1

, et je peux bien vous audit port de Toulon, et de donner à Sa Ma-

dire mesme qu'elle ne vous fait écrire si sou- jesté la satisfaction de sçavoir que vous

vent sur la mesme chose que parce qu'elle mis à la voile en mesme temps qu'elle *[

que, après une aussy longue campagne, dra vostre arrivée. . .* ( Dép. cone. la mar. fol.

estre longtemps à Toulon , ce a 9 1 .)

nueroit considérablement le mérite des services que vous avez rendus, lesquels ne doivent jamais vous autoriser à manquer d'exactitude dans l'exécution des ordres qui vous sont donnés l.

(Arc!,, de la Mar. Dépêche, concernât la marine, ,68a, fol. s 38.)

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