À M. DE VAUVRÉ
INTENDANT DE MARISE A TOULON
Paria, ao juillet i683.
Dans la pensée que le Roy a de faire repentir les Génois de l'insolence qu'ils ont eue1, en envoyant son armée navale devant Gènes pour y jeter
la première foia e! sept galiotes à bombes. Le bombardement de la ville eut lieu dans les nuits des 96 et 97 juin, et fit de tels ravages que le Dey se décida à envoyer à du Quesne un parlementaire. %a Quesne réclama tous lu chrétiens captifs, qui furent rendus, du 99 juin au 3 juillet, au nombre de six cents environ. La paix allait s'ensuivre quand une insurrection fit périr le Dey Baba-Hassan (9 1 juillet). Meuo- Morto fut proclamé a sa place et força les Français à reprendre les hostilités. ( lliêt. tnarit. de par M. Gnérin, III , 38o.) 1 Louis XIV reprochait aui Génois d'avoir
lui certains uisioiirs injurieux, ei
d'avoir fourni des munitions de guerre aux
Algériens. Mais ce qui le contrariait le plus,
c'était de voir celte République construire des
galères pour l'Espagne. Depuis quelque temps
déjà il ne négligeait aucune circonstance pur
faire sentir aux Génois son mécontentement,
et l'exercice du droit de visite n'en fournissait
Ainsi, le 3 août 1689, le
de la marine avait écrit à Pidou de
Saint-Olon , ambassadeur français a Gènes :
f J'ai rendu compte au Roy de la résolution
que la République a prise de faire mettre en
des bombes, il faut nécessairement y faire passer, sous quelque prétexte, un ingénieur qui puisse bien observer la disposition du môle de cette ville, le nombre de canons qui le défendent, les endroits de mouillage, la distance qu'il y a du môle auxdits endroits et généralement tout ce qui peut contribuer au succès d'une entreprise de cette conséquence.
Pour cela, il faut que vous examiniez quel des ingénieurs qui travaillent sous Niquet pourroit mieux s'acquitter de l'exécution de cet ordre. Je crois que Molart, Dieulamant ou Montaigu seroient capables de cet employ;et, pour cacher ce voyage, il faudroit que vous fissiez passer l'un d'eux, sous quelque prétexte, à Antibcs, d'où il pourroit passer en felouque à Gènes et y demeurer le temps qui sera nécessaire pour bien exécuter l'instruction que vous trouverez cy-jointe et qu'il faudra que vous luy remettiez entre les mains.
Je crois que vous voyez assez de quelle conséquence il est de tenir secret ce que je vous écris pour tout ce qui concerne l'entreprise de Gênes.
Sur toutes choses, préparez-vous à fournir tout ce qui sera nécessaire aux vaisseaux à leur passage à Toulon, et mettez-vous en estât de satisfaire à tout ce que M. du Quesne pourra demander, en sorte qu'il puisse se mettre à la mer six jours après son arrivée; et comme il ne s'est encore rien passé dans la marine de si important que cette entreprise, et que j'estime que ma présence sera nécessaire sur les lieux, il faut que vous m'envoyiez un courrier aussytost que l'armée paroistra sur les costes, afin que je puisse mexlisposer à partir. Surtout je vous recommande le secret; et souvenez-vous que c'est le moyen de faire réussir une entreprise de cette conséquence, et que, dans la saison avancée où nous sommes, il n'y a que la diligence et l'application que vous aurez à satisfaire M. du Quesne en quatre jours de temps qui puisse procurer le succès d'une chose que Sa Majesté a extrêmement à cœur.
Lorsque celuy des ingénieurs que vous aurez choisy aura lu son instruction et qu'il sçaura tout ce qu'il aura à faire à Gènes, il faudra qu'il laisse cette instruction à Toulon, afin que, s'il esloil arresté, on ne le trouve point porteur des ordres de Sa Majesté.
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prison le capitaine de vaisseau de guerre génois qui s'est laissé visiter por les vaisseaux de Sa Majesté, et elle en a esté d'autant plus étonnée qu'elle a donné cet ordre à tous les capitaines de ses vaisseaux. Vous ne devez pas manquer de le déclarer à la République cl de iuy expliquer que, si elle «lonnoii ne» ordres
contraires à ceux qui commandent *>cs vaisseaux. Sa Majesté enverroit les ordres 'nécessaires a ceux qui commandent les siens d'attaquer les vaisseaux de guerre de ladite République, de les enlever et de les mener dans les ports du royaume. . . * [ùif, r»w. Ie$ frai. fol. i 79.)
ET GALÈBES.