‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 3)Chapitre 462 sur 486 · AU MARQUIS DU QUESNE · texte numérisé non relu

AU MARQUIS DU QUESNE

LIEUTENANT GÉNÉRAL DES ARMÉES NAVALES

La Ferté-soua-Jouarre, 17 juillet iC83.

Je puis vous assurer que le Roy a esté fort aysc des heureux succès du commencement de vostre campagne 4 , mais je suis obligé de vous dire que

mois, et que je scray a Toulou le a5 au plus lard. Je m'assure que, après les lettres que je vous ay desjà écrites, y trouveray les vaisseaux en estât de Caire voile, el il me seroit trèsfascheux cl Irea-désagréable de ne pouvoir les voir mettre à la voile dans le pou de séjour que je dois faire en Proveuce. Je vous prie donc de faire l'impossible pour me donner satisfaction en cela. J'écris à M. du Quesue pour tascher de l'obligera faire diligence; mais comme ce n'est pas un bornme bien complaisant, je compte par préférence à tontes eboses sur celle que vous ferez pour tasrber d'exécuter ce que je vous écris sur ce sujet. . . n (Dép. conc. Um (rai. fol. i5a.)

1 Voici, d'après la lettre écrite le l5 mars au sieur de Vauvré. comment devaient être disposées ces deux barques :

nière solide et faire une espèce de voûte au milieu de cette maçonnerie qui soit capable de contenir la quantité de six milliers de poudre. Il faut auasy que ces Imstimens, quoy-

viguer; et comme il est de ta dernière importance que le secret soit gardé au sujet de ces bastimens, il faudra les faire préparer à Antilles, et faire croire que ce sont des bastimens qu'on maçonue pour couler bas au bout de la

jetée dudil port » ( Dép. «me. h mer.

fol. io3.)

* Voir II, 699.

1 Le 1" avril , Seignelay avait écrit à ce sujet à l'ambastadtar de France a Madrid :

«La réponse qui vous a esté faite, qu'il n'y avoit point d'exemple de pareil! 0 permission, n'est point véritable puisque, pendant la dernière guerre que les Anglois ont eue contre .\lfjcf\ ils nvoicnt des n)<tjjn$uis «m port Mh^k^î ou ils carénoient leurs vaisseaux et recevaient toutes sortes de secours de ceux qui cununandoienl |>our Sa Majesté catbolique à M barque.

de cet exemple pour exciter d'autant plus les Espagnols à accorder à Sa Majesté ce qu'elle demande . . . » ( Dép. cane, la mar. fol. 1 33.)

* Du Qoeaite avait reparti devant llgtr, I'' 1 S juin, avec des fort es plu» considérable» qw

Sa Majesté craint fort que vous ne vous relaschiez sur les conditions du traité; et, comme les corsaires ne méritent pas que l'on ayt aucun mesnagemcnt pour eux, elle souhaite que vous leur fassiez acheter bien cher la paix qu'ils demandent, d'autant plus que, dans les apparences presque certaines qu'il y a de réussir à ruiner entièrement cette ville par les bombes et à se rendre maistres du môle en la manière qui vous a esté expliquée, Sa Majesté seroit beaucoup plus touchée de la gloire qu'elle rclireroit et du profit que toute la chresticnté recevroil de la destruction entière de cette ville, que des avantages que l'on pourroit retirer de ces corsaires par un traité de paix; et comme elle vous explique précisément ses intentions par la lettre cy-jointe, je n'ay rien à y ajousler si ce n'est qu'il est de la dernière importance que vous me donniez fréquemment de vos nouvelles et que vous n'espargniez pas, dans une affaire aussy délicate, l'cnvoy des courriers et des bastimcns exprès pour les porter.

Sa Majesté vous explique aussy ses intentions sur ce qui regarde les Génois, et elle m'ordonne de vous dire que, comme la saison est desjà bien avancée, il faut que vous mesnagiez tous les momens et que vous fassiez en sorte de vous rendre incessamment à Toulon, en cas que vous puissiez conclure promptement la paix avec ceux d'Alger aux conditions qui vous sont expliquées.

( Arch. de la Mar. Dépéch- ronamatil h, ,;alèrtm, i683 , fol. aBo.)

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