‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 3)Chapitre 53 sur 486 · A M. D'INFREVILLE, INTENDANT DE MARINE A TOULON · texte numérisé non relu

A M. D'INFREVILLE, INTENDANT DE MARINE A TOULON

De... 1" mars 1669.

Je suis surpris que vous me mandiez que l'on ne peut faire bastir que cinq vaisseaux en deux ans, dans le port de Toulon. Il est certain que les \uglois et H ol la m lois se moquent de nous, de ce que l'on apporte tant de longueur dans nos constructions l.

Peut-estre qu'en l'année 1661 et 166s j'aurois esté de vostre sentiment; mais de dire qu'en six ou. sept années nous n'ayons pu parvenir à avoir le nombre de charpentiers nécessaires pour bastir plus diligemment, et imiter en cela, en quelque sorte, ces deux nations qui basassent dix, douze vaisseaux en trois ou quatre mois de temps, je vous avoae que cela est surprenant, et qu'il est impossible que nous puissions mettre nostre marine en quelque sorte de réputation si nous n'apportons promptement quelque remède à un défaut si considérable.

Il ne tombe guère sous le sens que , ayant autant de bons maistres que vous en avez, vous n'ayez pu avoir jusqu'icy les charpentiers de hache nécessaires, d'autant plus qu'il n'est pas croyable que les marchands les payent plus ponctuellement qu'ils ne sont payés par le Roy.

Et comme Sa Majesté veut absolument augmenter encore ses forces maritimes, il n'y a rien que vous ne deviez faire, mesme jusqu'à l'impossible, pour augmenter le nombre de charpentiers de hache. A quoy vous parviendrez avec plus de facilité que vous n'espérez, si vous establissez un bon nombre d'apprentis dans les ateliers du roy, et si vous vous appliquez à y attirer des charpentiers de tous les endroits de la province,, mesme du Dauphiné et du Lyonnois2. Surtout prenez garde qu'ils soyent exactement payés et qu'on ne leur fasse aucune chicane.

( Arch. dfl la Mar. Urpéclu* concernant la marnu, 1669, fol. a3.)

1 Voir pièce n* 9.

' Sept jours après, Olbert écrivait au même uteoJanl : «-Tout ce que vous me dite* des rai- *>(Kpour lesquelles les constructions ne sçaun>ienl aller si vite que le Roy le désire .particulièrement à cause des fréquens radoubs, ne me !-rMwd.. jms .Miii.M-eraenl. Car mj-- crois qu'il tulle la user une entière liberté aux marchands dr birv bastiret de faire travailler les charpentiers, je rn»i> qu'en lenan» dans les ateliers du

roy un nombre de jeunes apprentis et les faisant instruire par les anciens maistres, vous

un estât tel qu'il s'y eu trouvera un assez grand nombre, soit pour les ateliers du roy , soil pour les constructions des inarebands; et si vous ne pouvez recouvrer dans l'escadre de la province assez de jeunes gens pour en faire des apprentis, il sera bon que vous teniez correspondance avec les intendant des provinc es voi-

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