A M. ARNOUL
INTENDANT DES GALÈRES A MARSEILLE
De... »" mars 1669.
J'ay reçu vostre lettre du 1 G de ce mois , par laquelle je vois que vous vous confirmez tous les jours de plus en plus dans la pensée que le Roy voulant, non-seulement maintenir, mais mesme fortifier le corps de ses galères, un bagne seroit nécessaire pour tenir les esclaves et forçats en seureté, dans lequel l'on pourrait leur pratiquer leurs commodités pour les besoins de la vie.
Cette pensée est entièrement conforme à la mienne, et il s'agit de bien examiner comment elle peut estre exécutée. Pour cet effet, il sera bon que mas m'envoyiez le plan de l'arsenal , celuy de ce bagne que vous prétendez faire, pour faire rapport de tout à Sa Majesté, qui prendra sur cela promptemeot sa résolution.
Vous m'avez cy-devant écrit fort avantageusement du sieur de La Bros-
donnés, et qui», comme c'est un engagement volontaire, vous ne croyiez pas qu'il y eustrien à redire. Vous pouvez incarne ajouter, s'il vous en partait une seconde fois, que le Roy n'en a pas un si pressant besoin qu'il ne pust s'en passer, et que, pour peu qu'il vous tesmoigne ne l'avoir pas agréable, vous cesserez d'en engager. Mais il n'y a guère apparence de croire qu'il puisse se formaliser qu'on fasse gagner de l'argent aux ouvriers de leur ville. Cependant si le service que vous rendez au Roy en cette circonstance l'obligeoit à vous maltraiter, vous pouvez estre assuré que la protection de Sa Majesté ne vous manquera pas, ne pouvant toutefois me persuader qu'il en voulusl venir à cette ••ilrémilé. . . n ( Dtp. conr. la mai. fol. i A9 )
Les
à qui il fit des propositions deman- •laient 5o à 60 florins par mois; Colbert n'aurait voulu leur donner que Ao A 5o livres. Huit ebarpentiers consentirent d'abord à venir à Bocbpfort pour A5, 5o et 55 florins. Mais les magistrats d'Amsterdam s'émurent «les démarfbes dV Pelicot. Déjà les relations de la France avec ia Hollande étaient devenues difficiles. Col-
«mantes à Pelirot :
•Vous avez fort bien fait de répondre au [d'Amsterdam qui vous a fait appeler ta raison pour laquelle vous fairharpentiers en France que
sardière'. Tous ceux qui le connoissent et qui m'en ont parlé icy, conviennent que c'est un homme de bien et dévot, mais ils demeurent aussy tous d'accord qu'il n'a pas assez d'élévation d'âme, ni presque aucune des qualités nécessaires pour estre à la teste du corps des galères. Ce qui nie fait vous dire deux choses, l'une qu'il ne faut pas qu'il sçache que j'ay tiré cette information de sa personne, et l'autre, qu'il est de grande conséquence, avant que vous proposiez aucun sujet pour les emplois des galères, et principalement pour celuy-là (qui est le plus important), que vous en ayez une connoissance parfaite.
Le chevalier de Valbelle2 me mande qu'il a chargé sur son bord 60 esclaves turcs dans l'Archipel et à Malte. Dès qu'ils auront passé à bord de ce vaisseau le temps nécessaire pour n'estre pas suspects de mauvais air, vous prendrez vos mesures pour les faire mettre à la chaisne. Au premier jour, il partira d'icy 60 condamnés, et celuy qui en aura la conduite doit en prendre 9 5 ou 3o à son passage à Dijon.
Vous ne sçauriez mieux faire que de faire establir l'école d'hydrographie à Marseille, et je seray bien ayse de voir le livre qu'un jésuite, frère du président de Chambéry, en a composé tant en latin qu'en françois. Mais je n'estime pas qu'un religieux astreint à l'obéissance qu'il doit à ses supérieurs, et qui d'ailleurs n'a jamais esté à la mer, puisse la bien enseigner publiquement, et je pense que cette école doit estre tenue par un séculier; néanmoins, je m'en remets absolument à vous.
Il a esté fait un fonds de 2 0,000 livres à compte des achats de bois à faire pour le bastiment de deux vaisseaux que le Roy a résolu de faire faire par vos soins, par chacun an, dans la ville de Marseille.
Le Roy ayant bien voulu nommer mon frère 3 capitaine de ses mousquetaires pour l'expédition de Candie, en laquelle il doit servir en qualité de mareschal de camp, je vous envoyé un mémoire des provisions qu il croit luy estre nécessaires pour son voyage, vous priant de les faire choisir au plus tost. Je ne doute pas que ceux auxquels vous en confierez le soin ne prennent garde de ne se charger de rien que de bon , vous recommandant d'y faire apporter de la diligence, parce que, tous ceux qui doivent servir dans la mesme expédition faisant faire de pareilles provisions, il n'y a pas de danger de (on ne saurait trop) se presser.
I Arcb. de la Mai . Dipéchn concernant la manu* , 1669, loi.
Duplessis de La Browurdière , capitaine * Capitaine de vai^eau depuis le 6 nwr>
de galère à Marseille en 1 6*9 , chef dWadre 1 666. ( Voir li , Agi.) «11 1 670. Il se retira du service on 1 679. Morl 1 Franrois-Édouard Colbcrt , i otnle de Ma»
le 10 mai 1686. lévrier. (Voir I, hh.)