AMBASSADEUR EN ANGLETERRE
(Copie portant : 0» la mm de Collmt)
Paris, ao mars 1669 ».
Je seray bien ayse de voir le mémoire que vous avez fait concernant la marine d'Angleterre, laquelle je vous prie de bien pénétrer, afin que nous puissions profiter de leur grande expérience en cette nature de guerre.
Surtout , je seray bien ayse de sçavoir, s'il est possible, comment ils mesurent la capacité de leurs vaisseaux, et sur quel pied ils règlent le nombre d'hommes des équipages. Si vous pouviez avoir les ordres de leurs batailles quand ils en ont donné sur mer, vous me feriez plaisir de me les envoyer; mais je sçais que c'est une matière délicate.
Je vous envoyé les réponses de nostre Académie aux deux mémoires que vous m'avez envoyés concernant le remède pour le scorbut3, et les longitudes. Ces réponses sont pour vous, et non pour les faire voir à ceux qui vous ont donné ces mémoires, qu'il faut mesnager davantage que ces messieurs ne font. Pour vous dire le vray, je ne crois pas qu'ils nous apprennent rien de nouveau.
1 Gabriel do Rochechouarl, duc do Mortemart, premier gentilhomme de la chambre dn roi , gouverneur de Pari». Mort le 96 décembre 1 675. â l'âge de soixante et quinze ans. Père du comte de Vivonne et de mesdames do Thiange et de Montespan.
* La première partie de cette lettre , relative au commerce, a été publiée dans le second volume, page 660, pièce n" 37.
3 On lit dans Guv Patin , lettre du 1 3 mars 1 770 : « Par ordonnance de M. le premier président et de Messieurs les administrateurs de l'HAtel-Dieu de Paris , les six médecins de cet hèpilal furent assemblés, il y a quelques jours.
chez un des administrateurs, afin d'aviser ensemble ce qui se pourra faire pour empêche? le progrès du scorbut, qui devient ri commun dans les hôpitaux.
•rLes Allemands en ont beaucoup écrit; je pense en avoir vu en ma vie plus de deux cents thèses. Mais ce mal ne se guérit, ni par parole» latines, ni par secrets de chimie. Qui guériroit la pauvreté du peuple guériroit bien le scorbut. Il y en a qui disent qu'il faut trouver un spécifique , mais c'est comme parlent les eharia tans et les chimistes qui se vantent d'avoir de» spécifiques outre I epilepsie, la fièvre quarte . la lèpre, la gnuUe. . . - (/W/ret. III, 788.)
J'altendray les deux bouteilles de l'extrait de sel , dont nous ferons icy l'expérience.
Il faudrait sçavoir si le François qui a commandé un vaisseau de 5o pièces de canon en Angleterre est homme de mérite; combien de temps il y a qu'il sert sur la mer, et en quelle réputation il est, le Roy pouvant estre porté à prendre à son service un homme capable, et non autrement.
Faites-moy sçavoir si effectivement le chevalier Spraag1 ne sera point mis à la mer, faute d'argent.
Je vous prie de me faire sçavoir tout ce qui arrivera concernant l'isle de Saint-Christophe 2, et profitez de tous les moyens que vostre industrie et les conjonctures vous pourront suggérer pour trouver quelque ajustement en cette attaire.
Je vous envoyé un mémoire que la compagnie occidentale m'a donné, concernant les difficultés qu'elle a rencontrées en la restitution de l'Acadie 3. J'ay dissuadé M. Béraud de prendre part dans les consignations. Mes baisemains à ma sœur4.
. Imp. Mbs. 5oo Colbert, Dépêche» concernant le commerce, 1669, vol. ao4 , fol. 9. , Correspondance adtninutratit* noue bmu XIV, III, 4«à.)