‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 3)Chapitre 80 sur 486 · A M. ARNOUL · texte numérisé non relu

A M. ARNOUL

INTENDANT DES GALÈRES A MARSEILLE

Saint-Germain, 9 aoust i66<).

Je suis bien ayse que vous fassiez sçavoir aux marchands que le Roy est toujours dans la résolution de favoriser leur commerce en faisant escorter leurs vaisseaux. Sa Majesté vient d'en donner une nouvelle preuve en révoquant l'ordre qu'elle avoit donné au capitaine de Larson d'aller faire

' De La Bellegrange, de Saiot-Malo, était capitaine de port à Breat, depuis i64i. Mort en janvier 1 676.

* Golbert écrivait au mémo le 5 octobre suivant :

■ J'ay esté bien ayse d'apprendre le succès du sieur Fluymer. H faut rechercher avec soin toutes les connoissances que les particuliers peuvent avoir des divers naufrages arrivés dans toutes les cosles de Bretagne, et luy en donner

des mémoires, a6n qu'il y travaille. Pourquoy il faut de vostre part luy donner une protection tout entière; et mesme, pourvu qu'il continue, il ne faut pas permettre qu'aucun se serve de ses machines, n'estant pas juste de le priver de la récompense qui luy est due pour cette invention , qui luy apportera sans doute beaucoup d'utilité par la suite du temps. • • * ( f)ép. conc. la mar, fol. 1 h 1 .)

an voyage vers les costes d'Afrique1, sur ce quelle a appris que les vaisseau* de la compagnie de Chauvigny seroient prests le qo de ce mois, luy avant ordonné pour cet effet de les attendre pour les escorter.

Vous avez grand tort de faire quelque scrupule de donner à vostrc fds un homme habile pour l'accompagner dans son voyage et lever les plans des ports, arsenaux et des bagnes qu'il visitera. Mon intention n'est pas qu'il vous en couste rien, ni à vostre fils non plus, et, pour cet effet, vons luy ferez donner àoo écus pour les dépenses de son voyage, et vous pouvez retenir Uoo autres écus pour l'homme qui l'accompagnera; mais il sera bon que vostre fds lève aussy liiy-mesmc lesdits plans, et qu'il y donne toute son application sans se reposer trop sur la capacité de cet homme, estant certain que nous tirons beaucoup plus de lumières sur toutes choses que nous voulons connoistre, lorsque deux personnes y travaillent également.

ie suis étonné d'apprendre que vous n'ayez reçu que 98,865 livres des aoi,85o dont il a esté fait fonds par le dernier estât qui a esté expédié pour les dépenses des galères; je vous envoyé une copie de cet estât et je donne ordre en mesme temps au sieur Pelissary de faire remettre incessamment à son commis à Marseille le surplus de ce fonds, s'il ne l'a desjà fait.

TaUendray les deux gazelles et les trois chèvres d'Angora que vous devez envoyer; je ne doute pas que vous ne preniez toutes les précautions nécessaires pour faire en sorte qu'elles soyent rendues icy fort saines. Quant aux chevaux de Mételin, puisqu'il ne s'en trouve que de petits, il n'y faut point penser ; mais j'approuve que vous fassiez venir des chevaux arabes, si vous le pouvez.

Les associés du sieur de Chauvigny m'ont remis en mains le certificat cpjoint que je vous renvoyé. Je vous prie de faire payer à cette compagnie 16 livres de chaque pièce de drap qu'elle envoyé en Levant, et de rendre cette libéralité publique, afin que les autres marchands soyent excités d'en envoyer de mesme par l'espérance de recevoir une semblable gratification *. 11 est nécessaire que vous tiriez de ceux de cette compagnie une quittance de la somme que vous leur aurez payée à la décharge du trésorier des bastimens, et que vous fassiez avancer cet argent'par le commis du trésorier des galères , et qu'ensuite vous m'envoyiez cette quittance pour en faire rembourser le sieur Pelissary.

Continuez toujours vos diligences pour avancer les ouvrages du fort

1 Voir If, 478, pièce n* 5i. - * Voir II, 5o5, pièce n" 79.

Saint-Jean et de l'arsenal, et, lorsque vous aurez posé la quille pour le bastiment des deux vaisseaux, ne manquez pas aussytost de m'en donner avis.

(Al*, de la Mar. Dépêche» concernant le» galère», 1669, fol. i4o. )

AMBASSADEUR A LONDRES

(Copie portant : De la main de Colbert.)

Pari», loaoust 1669.

J'ay reçu vos deux lettres sur les conversations que vous avez eues avec le roy d'Angleterre et avec M. le duc d'York sur les saluts. Vous connoissez assez l'importance de cette matière pour estre persuadé qu'elle ne peut jamais estre traitée sans embarras. Mais il est certain que la grande envie que ces princes tesmoignent avoir de s'unir avec le Roy, nostre maistre, mérite bien que l'on cherche quelque tempérament pour éviter tout ce qui pourrait altérer cette bonne disposition et réveiller la jalousie que les principaux et les peuples d'Angleterre ont des forces maritimes du Roy, nostre maistre, qui pourroit altérer tellement les esprits qu'ils donneroient plus de peine à les ramener aux sentimens qu'ils doivent avoir pour cette union.

Pour parvenir à cette fin , le Roy m'ordonne de vous écrire qu'il ne révoquera point l'ordre donné à ses vaisseaux, de ne point saluer et de ne demander aussy aucun salut aux vaisseaux du roy d'Angleterre, ce qui sera observé partout, Sa Majesté ne doutant point que les ordres donnés par M. le duc d'York aux chevaliers Allen et Spraag ne produisent le mesme effet, jusqu'à ce que l'on trouve quelque autre tempérament pour les mers plus proches de l'Angleterre, ou que, par un traité d'une étroite union, les rois puissent facilement s'accorder sur ce point. Sa Majesté veut que vous en parliez en cette conformité audit roy et au duc d'York.

Je fais toujours chercher les dépesches de M. d'Estrades de l'année 1 66a ; j'espère qu'elles contiendront quelque chose qui sera avantageux pour cette négociation l, . .

(Bibl. Irop. Mm. Boo Colbert, Dvpéchc» nncenwnt k commerce , 1669, vol. aoft, fol. aij.) 1 Voir pa{^8 iM, note.

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