‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 3)Chapitre 88 sur 486 · VAISSEAUX ARMÉS EN PONANT · texte numérisé non relu

VAISSEAUX ARMÉS EN PONANT

Im Royale, le Dunkerquois, le Fleuron, la Princesse, un magasin.

Le Lys, le Bourbon, k bruslots, le Mercœur, un hospital.

Tous les officiers qui ont passé de Ponant demandent à y retourner avec leurs vaisseaux pour y ramener leurs équipages.

Il nie semble qu'il «croit avantageux au service de Vostre >fajest^ d'envoyer un ordre au sieur Cabaret d'y repasser avec les inesmes vaisseaux, quand il aura débarqué les troupes, d'autant qu'il y a assez de vaisseaux "n Levant;

Qu'U est nécessaire de se fortifier en Ponant; Que les vaisseaux ont des vivres pour le temps nécessaire; Qu'il faudroit donner un mois de solde aux équipages pour leur retour par terre;

Et qu'il sera toujours de quelque avantage qu'il paroisse toujours en mer quelque nouvelle escadre des vaisseaux de Vostre Majesté.

Sa Majesté donnera, s'il luy plaist, ses ordres sur ce point.

Pour les vaisseaux armés , il semble qu'il sera à propos de les désarmer, ?t remettre en mer, au premier novembre prochain, une escadre de quatre «aisseaux sous le commandement du sieur de Martel, pour porter en Candie les troupes de M. le mareschal de Bellefonds 2.

•f;lT*retj««s de pavillons et de cornettes, afin sion endommagèrent les autres bâtiments et •|«e j'expédie un règlement qui ne puisse faillirent couler le vaisseau qui portait le comte «tre changé... 1 (Dtp. cofirernanl la mar. deVivonne.

fol. 346.) — On trouvera A YAppendtce un rè- » Louis XIV, ayant appris le retour préci-

,;f-tnent sur les pavillons, en date du 3 dé- pilé de la première expédition, avait décidé

' «libre 1 669. que le duc de Navailles serait desavoué et que

1 Ce vaisseau . qui portait le trésor du corps le maréchal de Bellefonds irait au secours de

Candie. La capitulation du 5 septembre arrêta y «4 juillet précédent. Les débris de IVxplo- ce projet.

Pour les deux autres escadres qui sont en mer, Tune sous le commandement de M. le chevalier de Valbelle, l'autre sous le sieur d'Almeras:

La première est partie avec ordre de porter les poudres en Candie, venir prendre ensuite dom Philippe1 à Tunis, et faire la guerre aux corsaires.

La seconde sera preste au premier jour d'octobre.

On peut donner ordre au sieur d'Almeras d'aller faire la guerre aux mesmes corsaires, et prendre les rendez-vous du sieur de Martel, auquel on donnera ordre de prendre ensuite les trois escadres, et faire la guerre pendant l'hyver aux mesmes corsaires.

Comme Vostre Majesté pourroit penser à donner le commandement de ces escadres à M. de Vivonne, j'ay cru qu'estant général des galères il ne pouvoit sortir des ports qu'avec le pavillon amiral , et qu'il n'estoit pas de la dignité de Vostre Majesté que ce pavillon parust en mer qu'avec un beaucoup plus grand nombre, et jamais pour faire la guerre à des corsaires.

Comme je ne sçais pas quels seront les sentimens de Vostre Majesté sur le sujet de la résolution prise de rembarquer les troupes à Candie , et que peut-estre on pourroit la prétexter d'un mémoire qui a esté fait, par lequel on prétend que les capitaines des vaisseaux n'avoient de vivres que jusqu'à la fin d'octobre, je dois dire à Vostre Majesté, pour y faire telle réflexion qu'il luy plaira, qu'en une matière aussy importante, il me semble qu'il auroit esté bon de ne se pas contenter d'une simple déclaration des capitaines, et qu'il falloit faire visiter les vivres, et voir ce à quoy ils estoient obligés.

Vostre Majesté sçait que M. de Beaufort est demeuré d'accord, par ses lettres :

Que les vivres avoient commencé au 1 5 avril , et que les capitaines en avoient pour sept mois, finissant au i5 novembre, qu'il y en avoit de mesme pour quarante jours aux troupes embarquées, et qu'ils n'en ont fourny que pour dix-huit;

Qu'il y avoit de l'argent sur les vaisseaux pour la solde des troupes;

Que, par l'escadre du sieur de Valbelle, l'on y a envoyé encore un mois de vivres aux vaisseaux ;

Et que les commissaires généraux ont eu ordre dans leurs instructions d'establir des commis en Sicile, Malte, dans les isles des Vénitiens cl de

' M ut» doule un frère de l'ordre de la Merci, cliargé de racheter des iMilim ev

dates.

l'Archipel pour y faire des vivres; enfin, que si Ton eust donné le moindre avi*, il auroit esté facile d'en envoyer de France.

Mais comme je vois que Ton a pris cette résolution avec quelque sorte de précipitation, il faul, a mon avis, qu'il y ayt eu quelque autre raison plus puissante que celle du défaut des vivres , à quoy l'on pouvoit remédier par divers moyens l.

(âreh. de la Mar. Ordres du roi pour la marine, 1669, fol. i33.)

Page 1