‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 3)Chapitre 89 sur 486 · A M. D'INFREVILLE · texte numérisé non relu

A M. D'INFREVILLE

INTENDANT DE MARINE A TOULON

(Copie portant : De la main de Colbert.)

Paris , a 1 septembre 1 669.

j'av reçu vosire lettre du 1 o de ce mois. Je proposeray au Roy, a son retour de Cbambord , de vous faire donner encore le magasin à poudre qai est dans la gorge du bastion des Minimes, et vous en enverray les ordres. Le retour de l'armée vous va donner de l'occupation ; mais il faut redoubler vostre vigilance et vosire application pour en bien sortir, et pour en faire le désarmement, en sorte que le tout se passe pour le plus grand avantage du service de Sa Majesté.

Je ne doute pas que vous n'ayez desjà fait préparer l'hospital de Saint- Mandrier et le cap Cepé pour y recevoir toutes les troupes de terre et les équipages des vaisseaux, en sorte que la quarantaine puisse estre courte, et que tous ces équipages ne soyent pas longtemps à la solde du roy. A I e^ard. des troupes de terre, elles peuvent sans difficulté y demeurer davantage, d'autant que le roy les paye toujours.

Aussytost que les vaisseaux seront à la grande rade, vous devez prendre vos mesures pour faire une revue exacte de tous les équipages pour les faire payer à la banque, ainsy qu'il est accoustumé.

Il est surtout nécessaire que vous fassiez exactement vérifier combien de vivres il restera aux capitaines lors de leur arrivée, d'autant qu'ils ont dit en Candie qu'ils n'en avoient que jusqu'au dernier octobre, et vous sçavez ■pi'ils en ont pris pour sept mois, qui n'ont commencé que d'avril, et que les capitaines en embarquent toujours plus qu'il ne leur en faut; que leurs équipages rarement sont complets , et qu'il en périt toujours soit par la

1 La fin de la dépêche de Colbert au sujet le retour précipité de M. de Navailles , indiquent L- l'allégation du manque de vivra à bord entre Louvois et lui une mésintelligence qui •W» vaùaeaux, et ses observations critiques sur ne fera que grandir dans la suite.

désertion, soit par la mort, en sorte que vraysemblablement ils en avoient pour le moins pour un mois davantage; c'est ce que vous devez vérifier avec application.

(Arch. de la Mar. Dépécl** concernant la marine, 1669, M, 85.)

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