‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 3)Chapitre 93 sur 486 · A M. ARIVOUL · texte numérisé non relu

A M. ARIVOUL

INTENDANT DES GALÈRES A MARSEILLE

(Copie portant : De la main de Colbert.)

Paris, 1 1 octobre 1669.

Je vous avoue que je suis fort en peine de tous les vaisseaux malouins et autres des costes de France qui passent tous les ans en ce temps dans la Méditerranée pour y vendre le poisson de leur pesche, d'autant que si les corsaires d'Alger sont hors, et qu'ils ne soyent retenus par la flotte d'Angleterre, nous courons risque d'en voir la plus grande partie pris, ce 'jui causerait un préjudice presque irréparable à nostre commerce. Il faut

tascher d'y apporter quelque remède; pour cet effet, je suis d'avis que vous exécutiez la résolution que vous avez prise de renvoyer au pacha le prix de la lluste qui avoit esté amenée par le sieur Trubert et que vous commenciez à renouer quelque commerce avec le consul.

Aussytost que le comte de Vivonne sera de retour, examinez avec luy s'il ne seroit point à propos, dans cette conjoncture, de ne point remettre à la chaisne les îoà Turcs pris en Languedoc, en donner avis au mesme consul, et luy dire qu'en renvoyant les François on renverra aussy les Turcs, leur faisant connoistre que le Roy maintiendra le traité pourvu qu'ils fassent raison de leur part de toutes les pirateries qui ont esté faites par leurs capitaines.

Vous pouvez disposer promptement un bastiment pour y aller, et par le premier ordinaire je vous enverray les ordres du roy plus précis sur tout ce que dessus.

Vous avez bien fait de faire sçavoir aux Anglois que vous achèterez tous les Turcs qu'ils prendront; mais je crois qu'ils se contenteront de renouveler les traités; continuez à faire toutes vos diligences pour en avoir le plus grand nombre qu'il se pourra. Je n'enverray la dernière résolution sur les propositions du sieur Centurion qu'au retour du Roy.

Je suis bien ayse que voslre forme vous donne la facilité de désarmer toutes les galères en quinze jours.

Je feray voir au Roy, à son retour, l'inscription posée par les échevins sur la première pierre de l'agrandissement.

A l'égard des dettes , il faudra s'y appliquer cet hyver.

11 est bon que vous observiez tout ce qui se passe à l'égard des galères du Grand-Duc, mais je ne crois pas que vous y appreniez rien de nouveau.

Le privilège du savon sera révoqué au iw novembre prochain. Préparez ce pendant tout ce qui sera nécessaire pour fournir le pain aux galères; si celuy qui s'en est meslé autrefois y est propre, vous pouvez vous en servir 1 .

J'attends avec grande impatience que vous ayez une quille pour commencer vos bastimens.

11 est certain qu'il seroit beaucoup plus avantageux au Roy d'avoir des bastimens pour porter les victuailles que d'en noliser; c'est pourquoy je vous presse de bastirdes vaisseaux légers destinés pourbruslots qui puissent servir à cet usage.

Aussytost que les vaisseaux de nolis seront de retour, envoyez-mov k mémoire de cette dépense.

1 Voir pièces nw io3 et 117.

Je suis bien a y se que vostre fils ayt visité l'arsenal de Venise; il reviendra

liabile.

(Arch. de la Mor. Dtpfckei concernant le* gaUret, 1669, Toi. 17».)

107. — LOUIS XIV AU MARQUIS DE MARTEL, LIEUTENANT GÉNÉRAL DES ARMÉES NAVALES.

(Copie portant : De la MM de Colbert.)

Chamhord, 1 1 octobre 1669.

Apprenant que divers capitaines de mon armée ont quitté mon pavillon 1 fans la route que vous avez tenue depuis Candie jusqu'à Toulon, et mesme que plusieurs d'entre eux se sont abordés, je vous fais cette lettre pour vous dire que mon intention est que vous les assembliez tous, et que vous leur fassiez sçavoir que je désire qu'à l'avenir aucun d'eux n'ayt à quitter son pavillon, à moins qu'ils n'y soyent forcés par des vents tels qu'ils ne puissent le suivre. Et en cas qu'aucun d'eux le quitte, je vous ordonne de l'interdire de sa charge, sans qu'il puisse estre restably que par un ordre exprès. Je désire aussy que vous interdisiez les capitaines qui, par leur négligence, aborderont quelques autres vaisseaux.

L'accident qui est arrivé à la Thérèse2 pouvant estre provenu du défaut de bon ordre dans la distribution des poudres, je désire que vous en examiniez soigneusement la cause et les moyens d'empescher à l'avenir de pareils accidens.

(Arcfa. de la Mar. Ordre* du ni pour la marine . 1669. fol. i57.)

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