A M. TUBEUF
INTENDANT A MOULINS*
Paris, a& octobre 1670.
Monsieur, j'ay reçu la lettre que vous avez pris la peine de m'écrire le i& de ce mois. Vous pouvez juger, par la punition que vous avez faite du sergent de Ghastel-Ghinon ^, combien cet exemple produira de bons effets ,
écrit plusieurs fois, et à MM. les Commissaires défMTlis dans les provinces, sur le préjudice que lesdits frais causent aux sujets du roy, je ne doute pas que vous u^employiez tous les expédie!» possibles pour les (fiminuer, en déclarant mesme aux receveurs des tailles et aux commis aux recettes que, si ce désordre continue Tanoée prochaine, Sa Majesté fera commettre â leor place; c'est à qnoj il faudra pourvoir sans difficulté. Faites-moy sçavoir en quel estât est Timposition de Tannée prochaine, et apporte! toute la diligence qui dépendra de vous poar Tachever équitablement.
1 Je vont remercie du soiu que vous avet pria des paroisses qui appartiennent i mon frère, ffles avoient esté tellement surchargées que le soobgement que le roy leur accorde contri-
buera beaucoup à les restablir.» (Dép. cane, le ûommmw, 1670, t. II, fol. 539.)
^ D'après VEuu de la Frtinee , il y avait alon vingt-trois généralités , et dans chacune d'elles on bureau composé de vingt à vingt-dnq trésoriers de France. Le bureau de Paris était le premier de tous. Il connaissait du payement des droits et des fermes du ressort du pariement de Paris. (Voir Mém, sur leepiiv, et fond, deê frÀOTMTt génà^ux.)
' Cette élection faisait partie de la généralité de Paris.
' Charies Tubenf, intendant à Moulins, de 1 667 à 1674 , pM à TooM. Movf ëHlbodiinia dans cette demiève géoéralîlé, en 1 679.
* Châtean-Chinon, chef-Meu d'arrondissement dans le dépcrtement de la Nièvre.
pour la diminution des frais de recouvrement et pour le soulagement des sujets du roy. Ainsy je ne doute pas que vous ne teniez soigneusement la main à empescher tous les abus qui se pourront commettre dans la collection et le recouvrement des tailles par «euji qui y seront employa, ny ayant rien qui puisse rendre plus sensible aux peuples le soulagement que Sa Majesté leur accorde tous les ans.
Continuez, avec application; à faire le département des tailles, et cour sidérez bien que, ne layant pas encore fait, il est très-im|>ortaBt que vous y employiez un temps suffisant pour bien connoistre la force des élections, et faire l'imposition avec l'égalité que le Roy désire.
( Areb. de 1a Mar. D^iféchet amcamant le oommerMj 1670, t. H, foi. 553.)