A M. LE BLANC
INTEM)\NT A ROI E> '.
Fontainebleau, 19 septembre 1679.
Monsieur, M. Berryer'-^ s'en allant en Normandie, je l'ay chargé de conférer avec vous. MM. Méliand' et de Morangis\ sur tout ce qui concerne les droits de la ferme générale des aydes qui se lèvent en celte province. Pour rendre cette conférence plus utile, j'en voye avec luy le sieur Bastonneau , fermier général , et le sieur Dumas , fermier particulier des aydes de la mesme province, afin qu'après avoir examiné à fond tout ce qui concerne les différentes sortes de droits cpii se lèvent et la manière de les lever, le Rov puisse, avec connoissance de cause, ester la confusion qui se trouve dans ces droits, et retrancher tous les frais et toutes les vexations qui se font sur les peuples et dont le |)rofit ne revient ni à Sa Majesté ni aux fermiers généraux, ni mesme aux sous-fermiers. Je vous prie donc de conférer à fond sur cette matière avec ledit sieur Berryer, afin qu'il puisse ensuite me rapporter les mémoires de ce «pie vous croirez pouvoir estre pratiqua pour ne pas diminuer les fermes du roy et soulager les peuples ^
* Louis Le Blanc, conseiller an Chàtolol, puis à la Cour des aidos: mailn> di^ n>(|nôtt^ depuis 1669; intendant à Rouen en l()7^. Révoque à la tin de 168a.
* Voir t. 1, 370. note 1.
* Claude Méliand .conseillerau iîrand Conseil: maître tlt»s nspiôtes ( 1*173), rapporleur de la chanciMlerie, successivciuoul inlendani à Alençon, à Caen en ir>77. el à Rouen on dt'Temhn» 1680,
* Anloiiie Rarilton. sieur de Mornn{;is. ancien ci>nseiller au |)arlomenl : niaîtr»' des i\>quèle^
«Ml 167a. intendant à Metien 167& , à Aionron depuis if)77 jusquVn i683 , puûè Caen. ' Au mois di> juin de Tannée soivuile, |kirurent deux ordonnances porlant règlement siu- le fait des aides dans le ressort des Cour» de Paris el de Normandie. Dans le préambule de In S'Tônde. le Roi dedaniit que, malffré sofi di-sirde n^idi-e la jurisprudence uniforme dans le resw^orl des deux Cours, les ilivers usagwde la pnnince de Normandie Tai aient obligé à faire }>our elle un n\'Tlemeni particulier. ( laim- IhtI. .4ac. Uwft-aHç. \I\, 938 et iSt.)
11 scroit aussy bien important que vous pussiez estre informé de ce à ^oy monte la finance du tabeliionagc de Testendue de la généralité de Booen, sans toutefois obliger les engagistes^ par significations d'arrests ni ordonnances, à vous rapporter les titres de leurs engagemens. Ledit ^eur Berryer vous expliquera mes pensées sur ce sujet.
Je vous prie aussy de l'entendre sur tout ce qui reste à exécuter des affaires extraordinaires dont le recouvrement a esté ordonné par le Roy dans la généralité de Rouen, afm de les terminer au plus tost, et aussy Testât auquel est à présent le papier terrier, pour le terminer de mesme.
Je ne puis pas laisser passer cette occasion sans vous assurer que, comme il ne se peut rien ajouter à la conduite que vous tenez pour tout ce qui concerne l'avancement des affaires du roy qui vous sont commises, je ne manque aussy aucune occasion de luy en rendre compte.
Vous voulez bien aussy ([ue j'y ajoute un remerciement particulier pour tout ce que vous voulez bien faire dans tout ce qui peut me regarder; et particulièrement dans le soulagement cpie vous avez donné aux terres de mon fils, auxquelles je vous prie d'ajouter encore celle de Marais-Vernier, pour luy accorder sa part de la diminution que le Roy a faite à la généralité de Rouen sur les tailles^.
(Bibi. Imp. Mss. Méianget Ciairambault , vol. &t7.)