‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 4)Chapitre 154 sur 411 · II · texte numérisé non relu

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souvent des essais par les ofliciers des monnoyes et de les comparer a*«^^ celles du roy, quant an poids et au titre; et dès lors qu'il y aura deux ^^ trois pour cent de gain , vous devez estre assuré que les monnoyes da r^^?% se convertissent en ces sortes de monnoyes, ce qui est assurément ceqa y a de plus préjudiciable au bien des peuples.

Je vous dis la mesme chose d(\s espèces de Dombes^ et particuiièreme des liards. Enfm , vous voyez bien qu'en toutes affaires il ne faut pas contenter de la simple superficie, et qu'en les approfondissant ainsy qa< nous sommes obli^^és de le faire, chacun dans nos emplois, nous trouvo toujours quelque chose c\ faire d'avantageux au service du roy, au soulagement du peuple et au bien de la justice, qui sont trois choses qui marchent toujours ensemble dans un règne aussy juste et aussy remply de grandes choses que celuy-cy.

Je vous avoue, sur le sujet du directeur des monnoyes, que j'ay de la peine à concilier ce qu'il nous dit avec ce que le directeur général de Paris m'a assuré depuis trois jours, qui est que ce directeur d'Aix avoit reçu 80,000 livres, à m'offrir mesme de m'en faire voir la lettre. Je luy envoyé encore l'extrait de vostre lettre; mais je ne puis pas m'empescher de vous dire qu'en ce ([ue le directeur de Paris et ce que le directeur d'Aix disent, il est difficile que je n'ajoute plus de créance au premier.

J'ay reçu la lettre que vous m'avez écrite par le sieur Baudin, et je verray le mémoire qu'il a a|)porté concernant madame de Maintenon.

(Bibi. Imp. Mb8. Mélangée CUnramhault , vol. &17, M. iAq.)

Sainl-Germain, 17 aoust 1679.

Monsieur, je vous envoyé des imprimés de l'arfest que le Roy a bien voulu faire expédier, contenant la diminution de â millions de livres qu'il a faite encore cette année sur l'imposition des tailles, estant important que vous rendiez cette grûce publique pour faire toujours d'autant plus connoistre aux peuples que si Sa Majesté a tiré d'eux de grands secours pour soutenir la guerre , elle sçait aussy bien leur donner des marques de sa bonté et leur faire gouster les fruits de la glorieuse paix qu'elle a faite^.

(Bibl. Imp. Mss. Mélanges Clairambault , vol. 697, M. 161.)

* Voir pièce n" 53, noie. — ' La paix do Niin^nc entre la France et TEropire, ratifier le a 6 février 1679.

IMPOTS, MONiNAIES.

fi9. — A M. DE BOIVILLK, I^TE^DA^T a moulins".

Saint-(rermain, 33aoii$t in7().

Monsieur, je suis bien ayse que vous continuiez à donner vostre application à ce qui regarde le procès de Tuby. Je vous ay assez l'ail connoislre combien il est important de ré[)rimer toutes les friponneries dt; ceux (|ui manient les deniers du roy, pour croire (|ue vous y apporterez toute i'a[>plication nécessaire. Je vous dis la mesnie chose pour ce qui concerne les receveurs des tailles de Nevers.

J'attends les rôles des [)aroisses de grenier d'impost- et de vente volontaire de l'estcndue de la généralité de Moulins. \e retardez jdus h nie les envoyer, parce que le travail sur le sujet duquel j'en ay besoin presse.

Pattendray les mémoires (|ue vous me» devez envoyer sur le sujet des regrats de la ville de Moulins^.

Je vous envoyé un arrest du conseil pour continuer l'information que vous avez commencée contre le nommé Picorin*, et mesme pour luy faire son procès et le juger en dernier ressort. Vous devez seulement pn»ndre garde que les friponneries qu'il a faites soyent telles (|u'elles méritent un ex(»mple. Et comme les juges des provinces [)encbent assez ordinairement vers la doucenr, vous devez observer ([u'il ne seroit ])as à propos de faire un grand

* André Jubert de Roiiviiln, avocat jyénoral à la Cour des aides ; iatendanl de Liino[[os ( i f) 7 fv), de Moulins (octobre 1 678) , d'Alcnçon ( 1 683).

* On entendait par grenier» (Vimpùt los fyn^ niera dans lesquels chaque habitant était forré de prendre, à un prix fixé par la forme dos gabelles, el de payer comptant iino quantilô de fiel détorminfkî pour cliaquc annoo. Lo contribuable qui ne payait que trois livres do liiillos avait la ïacultë de prendre le sol au fur et à moaura de sa oonsommatiou.

' Le rtgrai était, en matière <le ^aboHos, une commissioo donnée par Tadjudicalairo pour autoriser la vente du sel au détail. Les rcgrattîen, créés en titre d'oflice, avaient la pormis- ■ion de vendre le sel au détail un quart au-<lessus duprii du grenier. Une déciaraiiondu T^ août 1679 les ayant supprimés, fonlonnancc du mois de mai 1 680 concéda la revente du soi à petite mesure à des sous-fermiers, avec le droit de percevoir un demi-parisis ou un dixième en plus sur le prix réglementaire du sel.

* Le 9 janvier 1^81, Colhoi t i^cxAs it à M. de Rouvillo: "Lo nommé Picorin, qui osl en prison «doniande (pfon luy fasse promploment son procès. Vous vouloz bien (|uo je vous dise que, lors(|uo le hoy vous rorîvo>o la connoissance de (|uolque alfairodo c^'lle qualité, il faut prtK'éder proin[)feui('nl A rin>tnK'tion et au jujjeniont, pîirco qn"]! n'y a ri»n dont nous dorions osiro plus r<»sponsnhlos envers Dieu ot le Roy que de la liberté dos sujets de Sa Majoslé.'^ (MéL Clair, vol. 639, fol. 19.)

Enfin , Tissuo de co pi-oc»*» so faisiinl trop all4.'U(lro, Colbort écrivait oncoro, lo i3 ujaiv 1681, h rintendant : <rl)ans los emplois publics comiuo lo vostro , il no faut pas se coulenU'r do dire que lo procès n'est point en estât, cela estant bon pour un conseiller du parlement qui , non-seulement se soucie peu des affaires, lnai^ mosme qui tire avantago à leur longueur. «^ ( Mél. Clninimhanlt , vol. /1S9 .

fol. iJ^f).)

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éclat et que le su4;rùs ne produisist ni exemple ni satisfaction pour les peuples, hln cas ipie, par l'information, vous trouviez à décréter prise de cor])s contre luy, en m'envoyani vostre décret, je le feray chercher pour le faire prendre et l'envoyer sur les lieux.

Je vous envoyé un placet que le receveur des tailles de Nevers m'a présenté; vous verrez si ce qu'il dit est véritable. Mais surtout, vous devez prendre garde ((ue l'establissemenl de garnison ne produit autre effet, sinon que les sergens y gagnent; mais le receveur général et le receveur dm tailles, et par consé(|uent le roy, y |K»rdenl toujours.

(Bibl. Imp. Mss. Mélangée Qairamhault, vol. 497, M. 176.)

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