A M. MORANT
INTENDANT A AIX '
Saint-Germain, i3 février t68i.
Pour réponse à vostre lettre du k de ce mois, il faut bien se donner de garde, dans les grandes affaires, de se rebuter des premières difficultés que Ton y rencontre. Vous pouvez vous imaginer facilement que, dans le travail^ que le Roy vous ordonne de faire dans l'assemblée que vous devez tenir à Montpellier, l'on n'a pas cru que vous n'y trouveriez aucune difficulté. Vous avez mesme bien deu juger que, le Roy voulant que vous vous assemblassiez tous en un mesme lieu. Sa Majesté n'a pas prétendu que ce fust un ouvrage facile, qui ne recevroit que peu de difficultés et pas de contradictions. Vous devez vous persuader, au contraire, que le Roy a bien sçu que ce travail seroit très-difficile et recevroit beaucoup de difficultés et de contradictions, pour concilier les différens usages des provinces et mesme ce qui se peut trouver de contraire aux privilèges dont elles jouissent; mais il faut apporter dans cette assemblée un esprit de pénétration et de facilité, afin de trouver les expédiens les plus faciles et les plus praticables pour concilier toutes ces difficultés. Peut-estre qu'en approfondissant la matière et la considérant en détail, article par article, vous n'y trouverez pas toutes les impossibilités que vous vous estes figurées; mais, en tout cas, s'il y en a quelqu'une, vous pourrez en envoyer des mémoires contenant les raisons de part et d'autre pour en rendre compte au Roy.
(Bibl. Imp. Mss. Mélangée CUàrambauh, vol. Aag, fol. 79.)