A M. DAGUESSEAU
INTENDANT A TOULOUSE
Sceaux, 9 may 1681.
Je réponds à la lettre par laquelle vous me donnez avis que les comptables de la province de Languedoc pourroient terminer l'accommodement qu'ils ont projeté, et donner s 5 0,000 livres au Roy pour tous les débets des comptes et autres recherches qui se sont faites contre eux, si la Chambre
' Le règlement sur les tailles réelles dont il est question dans plusieurs lettres |>récédenles.
des* comptes y eniroit pour quelque somme. Après en avoir fait rapport au Roy, Sa Majesté m'ordonne do vous répéter ce que je vous ay desjà écrit de sa part, c'est-à-dire qu'elle veut tirer l'éclaircissement et la preuve de ce qu'elle apprend avec certitude, que la Chambre des comptes s'est fait payer jusqu'à présent un quatrième quartier d'épices par les comptables, sans passer cette dépense duns leurs comptes, en obligeant tes comptables de rendre les récépissés qu'ils en ont retirés. Comme c'est une concus.«ion la plus qualifiée qu'on puisse s'ima[[iner et que Sa Majesté ne peut soulTrir. ni pour l'avenir ni pour le passé , particulièrement en une compagnie qui a prévariqué en corps à son devoir, Sa Majesté veut que vous fassîes conooïelre aux principaux de cette compagnie qu'elle fait poursuivre les comptables, non-seuiement pour les débets de clair qui sont sur leurs comptes, mais mesme pour les sommes que celte compagnie a passées induement À quelques-uns pour leur tenir lieu de remplacement de ce quatrième quartier. Ces comptables, vraysembiablement, ne se résoudront jamais à payer les sommes ainsy passées sans déclarer ce quatrième quartier; et dès lors que la preuve en viendra devers le Roy, il n'y a guère de punition qu'une c<Hnpagnie qui a fait une concussion de cette nature ne mérite. Cest ce que vous devez fortement leur représenter, afin que cette affaire n'allant pas plus avant, elle les engage à entrer en accommodement pour une sonnne un peu considérable de 35,ooo écus ou de ao,ooo au moins', et que Sa Majesté puisse estre portée à avoir de l'indulgence pour eux, d'autant plus que la petite punition qu'elle aura en payant cette somme servira d'assurance précise à Sa Majesté qu'ils ne tomberont plus en pareille faute.
(BibLtmp. Mn. HtUtugn Cbànmbmall , jtÀ. ïag.rol. sS3.)