‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 4)Chapitre 19 sur 411 · ARRESTATION DE FOUQUET; MESURES PREPARATOIRES · texte numérisé non relu

ARRESTATION DE FOUQUET; MESURES PREPARATOIRES

( Minute autographe de Golbcrt.)

[iC6i.]

Examen et suite de toute ralTaire.

Conduite prompte et sur-le-champ.

Envoyer en mesme temps en poste pour préparer le lieu et le rendre seur.

Envoyer ordre en mesme temps à la dame'. . . et à la dame du P. B. * de ne bouger de leurs maisons pendant le temps que le Roy séjournera à la ville de Nantes, jusqu'à nouvel ordre, après que Sa Majesté en sera partie.

Disposer la garde et le choix d'une personne fidèle pour la commander, ce qui est le plus important. . . Talhouet ^

* L'impression de ce volume, dont la seclion Fnumeen, lutpôli, Monnatei avait déjà në> cessitc un supplément (voir page aa6), était sur le point d'être terminée quand nous avons appris que M. te duc de Luynes possédait, h son château de Dampierre, d'importants manuscrits de Colbert et do Louis XIV.

Avec un empressement et ime générosité qui n'étonneront personne , mais dont nous ne saurions trop le remercier, M. le duc de Luynes a bien voulu moltre ces manuscrits à notre disposition, et nous y avons, comme on lo verra dans le cours de notre publication, largement puisé.

Pour rapprochée autant que possible de leur place naturelle les pièces qui se rapportent à Fouquet, mtx Financei et au Commerce^ nous avons pris le parti de les donner comme annexes à rintrod action .

Une de ces pièces nous (îlait déjà connue par une copie incomplète d'un manuscrit do la Bibliothèque impériale, et nous y avions mémo emprunté quelques citations (pages lx et ci do l'Introduction). Doux ou trois autres, notamment un mémoire au [{oi du ii!> juillet

1666, avaient paru en extraits écourtés, peu exacts, mal en ordre, et d'ailleurs sans indic«ition d'origine, dans les Particularité» tur let ministrei det finances céWfrcn , par M. de Mon- Ihion, et dans VHiitoire de la révolution français, par MM. Marrast et Dupont, Introduction. On tix>uvera sans doute, comme nous, qu'elles méritaient d'être reproduites en entier.

^ Il y a, parmi les mamiscrits appartenant à M. le duc de Luynes, plusieurs autres mémoires de Oolbert à ce sujet. Nous no donnons que les plus intéressants.

^ Sans doute la femme do Fouquet.

* Suzanne do Bruc, femuio do Jacques de Bougé, manjuis du Plessis-Bellière (voir I. 3), charjfée de sauver les papiers déposés à Saint- Mandé. D'abord exilée, elle revint à Paris, où elle mourut en 1705, chez sa lille, la niar«?chale do Croquy.

^ De Talhouct, enseigne des gai-des du corps. Il reçut Fouquet à Amhoisc des ni.iius do. d'Artagnan et le coudui.sil à Vinconnos. (Lettre de Guy Patiii à Falconol , du (y décombre tCr»t.)

cxc ANNEXES.

Disposer toutes choses pour observer du. secret, et que les premières nouvelles viennent du Roy pour empescher toutes les précautions.

Pour cet effet , envoyer trois ou quatre mousquetaires fidèles sur les deux routes pour empescher qu aucun courrier ordinaire ou extrordinaire ne passe sans un ordre du Roy, contre-signe de M. Le Tellier.

Dans le meftne temps de Tarrest, arrester aussy tous les commis et sceller partout, et empescher les visites; en donner part en mesme temps à la Reyne mère et au Chancelier, avec ordre à luy défaire sceller sur-le-champ partout, à Fontainebleau, à Vaux et à Saint-Mandé, luy faisant connoistre que la diligence et le secret sont de la dernière importance et conséquence, et que S« Majesté s'attend qu elle sera bien et ponctuellement servie par luy en cette occasion, luy donnant part aussy des précautions prises par le Roy pour garder le secret.

Envoyer au Chancelier un homme de confiance qui le presse d'exécuter toutes choses.

Donner part au Chancelier que le Roy a donné ordre au lieutenant civil d'aller sceller h Saint-Mandé, afin que, si le maistre des requestes qui y sera envoyé par M. le Chancelier y trouve le lieutenant civil , il le laisse faire ou (|u'il y appose un double scellé.

Il faudroit en mesme temps faire partir un courrier diligent qui eust ordre d'arriver la nuit à Paris et de porter deux ordres du Roy : l'un au chevalier du guet pour arrester les sieurs Bruant^ et Pellisson et establir garnison dans leurs maisons, l'autre au lieutenant civil pour sceller dans la maison du Surintendant et dans celle desdits, et y establir garnison avec ordre d'aller aussy tosl sceller à Saint-Mandé.

Examiner s'il ne seroit pas mesme bien à propos d'y establir des exempts et des gardes du corps du roy.

Envoyer un exempt qui prendra, a Paris, des gardes du corps pour se niettn» en garnison.

Envoy(»r à Saint-Mars^, avec ordre de prendre des gardes du corps: Chouppes'"^, La Bourlie\ Riberpré^ et un bon capitaine des gardes.

• Hninnt dos Onmères (voir page 709) par J. Delort. — Mort gouverneur de la Bas-

(•rtiappa A Unîtes les recherches, et passa à tille en 1708.

r«''lninjpM', où il mcrilu sa ^jrAce par les services ^ Voir l, 10. — Gouverneur de Belle-Ile

«pril HMidil A Louis \IV. Plus tard, il devint dc.iGGt) ù 1665. ivHidriil du mi i\ Liôgo. * Voir page /i38.

' Mrni/pHMrAuvt»r|jno do Saint-Mars, capi- ^ Charles de Moi, marquis de Riberpré,

l/iMM* iVuiio ronipngnio franche d'infanterie, lieutenant aux gardes françaises dès i6ào,

piiiM niiin'M'Iinl dvn logis des mousquetaires. 11 capitaine en i6'j 5, marëchal de camp on 16&9,

roiiiifiondnil la iorli'Tvsso de Pigncrol quand, lieutenant général des armées du roi en 1 656,

t\,iitn II'» promiiM'H jours de i6()5, d'Artagnan gouverneur do Ilam en 1 658. En 1661, co-

V nMiiliiinil Kouquot. On l^uvo de nombreuses lonel du régiment de la Reine, ancien régi-

(«IIm'h d<4 lui il Loiivois, au sujet de Fouquel et ment du Cardinal. Il se démit de cette diarfjfn

do Lnii/iiii, diiUN lo touie t do VHistoii'i' de la on 166s. Mort le i3 février 1678. flrltHlinu tlt'H filiilnnnjthvM rt dfM jrpiiH de lettre*.

ARRESTATION DE FOUQUET. cxci

Dans le mesme temps, il faut fairo passer en Bretagne huit compagnies de gardes françaises et quatre de suisses avec un officier pour y commander.

Envoyer un ordre au prévost de la connétablie pour s'aller mettre en garnison dans la maison de Saint-Mandé aussytost qu il aura ordre; qu'il empe£»clie qu aucune personne n'entre ni sorte jusqu'à ce que le scelldsoit apposé, et €]U*il garde le scellé quand il aura esté apposé.

Uoe lettre du Roy à M. de Montausier ^ pour remettre le chasteau et en fair^e sortir la garnison.

JSxaminer s'il faut faire passer l'eau à Nantes, et, en ce cas, voir s'il y aura bao ou ponton; ou si on fera remonter la rivière jusqu'aux Ponts-de-Cé 2.

fjrxe route générale à celuy qui conduira, pour loger partout, avec ordre aux gauverneurs, maires, échevins, etc. de prester main-forte et faire garde, s'ils en ^ont requis.

(Cabinet de M. le duc de Luynes. Mss. n° g3, carton 3.)

(Minute aulographe.)

1^ Un courrier à la Reyne mère pour luy donner part de l'exécution, avec pri^ï-e de donner à M. le Chancelier tel nombre de ses exempts et gardes du ^^*T>s qu'il désirera pour l'exécution des ordres que Sa Majesté luy envoyé, "^^t il hiy donnera part.

Une lettre du Roy à M. le Chancelier pour luy donner part de l'exécution, ^^^c ordre qu'à quelque heure que le courrier arrive, soit de jour, soit de "^ît , il envoyé un maistre des rcquestes sceller dans tout le logement à Fon- ^*ïiel)leau, et qu'il establisse un exempt et deux gardes du corps de la reyne "^•^re pour la garde du scellé.

Un autre maistre des requestes à Vaux, pour sceller aussy p*artout, avec un <^^ompt et dix gardes du corps pour garder aussy le scellé;

£t un autre maistre des requestes a Saiot-Mandé, avec un exempt et six ff'^rdes du corps du roy servant près la Reyne, poursceller de mesme partout.

Qu'il donne ordre auxdits maistrcs des requestes et exempts de ne laisser IU1» deux domestiques dans chacune de ses maisons.

Congédier tous les ouvriers.

Donner part au Chancelier que Sa Majesté donne ordre au lieutenant civil ^ «o transporter à Saint-Mandé pour y apposer le scellé, et que son intention

Charles de SainlvMaaro, duc de Mon- pair en ifiô'i, gonvemnur du Dnupliin on

^^•î^r, né en 1610, lieutenant (jénéral de la 1668. Mort le 17 mai 1690.

^■••tonge en 16A6, et en relte qualité gou- * Pelil villa[;c situé à six kilomètres d*An-

''^■"^our à Angoul«*me. Eu iCfia, il obtint le /yers. "'^•*^«*rnement de la Normandio; créé duc et

cxcu ANNEXES.

est que le premier qui arrivera, du maislrc des requesles ou dudit liculenaiil civil, melle le scellé, et que celuy qui arrivera le dernier le laisse faire, et qu'il donne Tordre en celle confortnile.

Il faudra donner celle dépesche au sieur de Gaumont ^ ordinaire, ou à quelque autre, avec ordre de solliciter Texécution prompte et d estrc luy-mesfflc présent à tous les scellés.

Luy donner un ordre du Roy pour passer et prendre des chevaux sur toute» les routes.

L'autre courrier à dépescfaer est celuy de Paris, qui sera le sieur de Saini- Mars.

Ordre d'arriver à Paris, ou le soir ou à trois heures du matin; il vaut mieux que ce soit à trois heures du matin. A son arrivée, il fera mettre pied à terre chez le chevalier du guet, auquel il donnera un ordre du Roy pour arrester le» sieurs Rruant et Bernard et les mener à la Bastille, avec ordre au gouverneur de ne les laisser parler. à personne.

Ordre audit chevalier du guet d'establir garnison dans chacune de leurs maisons et empescher toutes communications et distraction de papiers jusqu'à ce que le lieutenant civil ayt apposé le scellé. Il recommandera de la part du Roy le secret et la diligence audit chevalier du guet.

Aussytost, ledit Saint-Mars ira porter un autre ordre au lieutenant civil, portant daller apposer le scellé dans la maison du Surintendant et ensuite dans les maisons desdil5 B., P. et B.^;

El que, pour la diligence, s'il a des commissaires dont il puisse répondre, il peut les envoyer dans les maisons des sieurs B. , P. et B . Qu'il prenne garde surtout que ce soyenl gens fidèles et dont il soit assuré. Luy donner part de l'ordre donné au chevalier du guet pour arrester lesdils, afin que luy ou ceux qu'il enverra n'entreprennent rien auparavant que ledit chevalier ou ceux qu'il enverra ayenl agy.

Qu'il laisse dans les maisons desdils, des gens du chevalier du guet pour garder le scellé:

Pour la maison du Surintendant, ledit Saint- Mars avec quatre gardes du corps y demeureront.

Aussytost qu'il aura achevé et scellé, qu'il aille visiter tous les ordres des maisons desdits B., P. et B., eU aussytost qu'il les aura mis en bon estai, qu'il s'en aille en toute diligence à Sainl-Mandé pour apposer de 'mesme partout le scellé.

Qu il observe de faire une recherche exacte de tous les lieux où ledit scellé |)eut et doit estre apposé, luy donnant part de l'ordre donné au prévost de la connétablie pour se transporter avec sa compagnie dans ladite maison de Saint-

• Genlilhomme ordinain; do la maison tlu fut \o prcniior envoyé exlraordiiiaire de la

roi. Succcssivemoiit char|jé de plusieurs auibas- France.

sados : en 167a, Turin; on 107.'), GOncs cl ^ Sans douN» lîniant, Pollisson et Bornant. KIorence; do 1^77 à ifiSo Mantouo, où il

ARRESTATION DE FOIJOUET. cxcm

Maniié et qu'il ayt à s'y eslablir avec douze de ses archers pour la (jarde du sci^ll^- et de la maison.

f>iril ne laisse que deux domestiques dans chacune des maisons de Paris et cie Saint-Mandé.

L«uY donner part aussy que le Roy a écrit à M. le Chancelier d'envoyer un ojâii^ire des requestes en ladite maison de Saint-Mandé pour y apposer le scell^f avec un exempt et des gardes du corps de la reyne mcre pour le garder, et €f ue rintention de Sa Majesté est que le premier qui arrivera, ou dudit li^aa^^oant civil ou du maislrc des requestes, achève d'exécuter l'ordre et d'app€>^€swr le scellé, et que l'autre le laisse faire et s'en retourne.

l^€3ndant le temps que ledit sieur lieutenant civil se préparera pour exécuter le tjC»ut, ledit Saint-Mars ira porter au prévost de la connélablie l'ordre du Roy pous* 6*en aller avec sa compagnie à Saint-Mandé, pour y demeurer jusqu'à ce qiacs l« lieutenant civil y ayt apposé le scellé, et y demeurer ensuite avec douze d^ ^€îs archei*s pour le garder, luy expliquant que si un exempt et des gardes du oorps de la reyne y sont «arrivés avant luy, il doit les y laisser et s'en retoi-BMnaerà Paris.

Après Hvoir exécute toutes ces choses, ledit Saint-Mars |>rendra quatre ou sii3t {gardes du corps et demeurera à la garde du scellé et de la maison dudit SiArintcndant.

Ensuite, une ou deux heures après, il portera à M. le Chancelier la lettre dia Aoy dont il sera porteur.

l^^edit Saint-Mars prendra la réponse avec l'ordre dudit sieur Chancelier ♦^•^ l'enverra h Sa Majesté par un courrier exprès avec tous les procès-verbaux oaptures et appositions des scellés.

11 faudra marquer dans la dépesclie au lieutenant civil et aux autres olliqui auront agy, qu'ils remettent es mains du courrier qui sera dépesché p^n* ledit Saint-Mars tous leurs procès-verbaux.

Ordonner au lieuteuant civil de visiter tous les jours lesdits scellés et de ^^'^mieravis à Sa Majesté de tout ce (|ui se passera.

Toutes ces choses estant onlonnées et les courriers partis, il faut donner c»r<ii»^ pour ce qui legarde Belle-Ile.

L*on suppose que, quelques jours auparavant, sous prétexte d'une prome- ^*^cle sur l'eau, on aura donné ordre d'avoir des vaisseaux (jui seront disposés * •ïicsure. Il sera bon d'exaujiner sur les lieux s'il ne sei-oit pas à propos de ta i t-o venir le sieur Du Quesne pour disposer luy-mcsmc toutes choses et prendre ^ ^''^in du trajet.

Oès le lendemain, il faut faire passer toutes les compagnies des deux régi- ''•^■^sdes gardes françoises et suisses, avec un ordre du Roy au commandant «o ï^emetlre la place.

A ussytost qu'elle sera remise , il faut y envoyer d(»ux maistres des request(îs

potii^ faire une description exacte de l'i'stat des lieux et de toutes les fortifica-

'*^Ms, informer de tous les desseins que l'on pourroit avoir, faire recherche

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