‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 4)Chapitre 191 sur 411 · AU MÊME · texte numérisé non relu

AU MÊME

Sceaux, 18 juin 1681.

Pour réponse à vos lettres des 7 et 1 1 de ce mois, mon fils vous feni sçavoir la résolution du roy sur tout ce qui concerne les esclaves du royaume d'Alger qui sont sur les galères du roy.

A l'égard des monnoyes, vous devez tenir soigneusement la main à l'exécution des édits et déclarations du roy, en sorte qu'aucune autre raonnoye n'ayt cours, dans la Provence, que celles qui sont permises par les édits et déclarations. C'est pourquoy vous devez laisser publier et exécuter l'arrest de la Cour des monnoyes. N'admettez aucune raison qui pourra' vous estre alléguée de l'inconunodité du petit peuple et autres de cette nature pour laisser le cours des doubles \ liards et autres espèces non permises, parce qu'il n'y a rien qui soit plus contraire à la dignité du gouvernement présent du royaume que le cours des monnoyes altérées. Il est bien certain que celles des petites provinces qui sont au dedans ou proche du royaume ^ le sont toutes. Pour vous bien faire connoistre que l'incommodité prétendue des peuples ne doit pas estre considérée, c'est qu'à Paris , et dans toutes les provinces du royaume , il n'y a ni doubles ni liards, ni autres espèces de cette nature. Une autre preuve sans réplique que les Monnoyes de ces petites souverainetés ne peuvent travailler sans altération , c'est que , pour attirer les matières dans les Monnoyes du roy, il en couste tous les ans plus de 100,000 écus à Sa Majesté, parce qu'elle fait donner un prix des matières qui excède mesme celuy que valent les monnoyes, en sorte que tous ceux qui ont des matières aiment. beaucoup mieux les apporter aux Monnoyes du roy que partout ailleurs.

Il n'est point non plus nécessaire de mettre un prix au billon, parce que ce n'est presque que du cuivre, qui n'est bon que pour mettre en œuvre; mais contentez-vous seulement d'empescher que toutes ces monnoyes n'ayent aucun cours en Provence, et si vous avez besoin de quelques arrests du conseil, en me le faisant sçavoir, je ne manqueray pas de vous en envoyer.

(Bibl. Imp. Mm. Mélangée ClairambauU, vol. &9g, fol. 3oi.)

^ Le double était une petite monnaie de ^ Le Comtat, la principauté d^Orangc et

cuivre valant a deniers. La valeur du liard celle de Dombes. (Voir pièces n** 53 et G7.) était de 3 deniers.

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