INTENDANTS A TOULOUSE, A AIX ET A DIJON
Paris, s janvier 168s.
Vous sçavez le soin et l'application que le Roy donne à présent à tout ce qui peut regarder le soulagement de ses peuples, particulièrement après avoir
* Dans une autre lettre à l'intendant, du Conseil; intendant à Toulouse (1 665), à Mopt- 9 juillet précédent, Colbert constatait que «la pellier de 1671 à i683. Conseiller d'Etat; généralité de Limoges avoit toujours esté accu- membre de TAcadémie française. Mort le sée plus qu'aucune autre de la violence des ^o mars 168/i.
gentilshommes et coqs de paroisses. T) ^ Voir pièce n** 7&.
* Claude Bazin de Bezons, avocat au Grand
foumy aussy facilement qu'ils ont fait les grandes sommes que Sa Majesté a esté obligée d'employer pour soutenir la guerre aussy glorieusement qu'elle l'a fait. Encore que Sa Majesté ayt remis des sommes considérables sur les impositions de la taille à l'égard des provinces où elle a lieu , et diminué considérablement les dons gratuits dans celles qui sont régies par des estats, et qu'à l'égard de ces dernières elle soit persuadée que les députés aux assemblées des estats doivent en prendre soin, néanmoins Sa Majesté, entendant souvent des plaintes que les peuples de ces provinces ne laissent pas d'cstre assez chargés par toutes les dépenses que ces estats font, par les dettes qu'ils ont contractées et par beaucoup d'autres raisons , m'ordonne de vous écrire qu'elle veut que vous vous appliquiez avec soin et en secret à examiner toutes les impositions qui se font sur les peuples de la province pour le don gratuit de Sa Majesté, pour les tailles ordinaires, pour les dépenses des estats, pour les dettes des mesmes estats , pour la dépense ordinaire et pour les dettes des diocèses et celles des communautés particulières, et généralement pour toutes les autres levées qui se font sur les peuples , et mesme pour les fermes de Sa Majesté; ensuite, que vous examiniez à combien le tout monte, de <[ueUe sorte la levée s'en fait, les vexations et les abus qui se commettent dans cette levée; et que vous cherchiez en mesme temps tous les expédiens qui pourront estre pratiqués pour retrancher ou diminuer considérablement tout ce qui est à charge aux peuples, par la manière de lever ces impositions et par les frais qui s'y font et les abus qui s'y commettent; conune aussy pour retrancher ou dimiïiuer tout ce qui est imposé sur eux qui ne vient pas h Sa Majesté pour le soutien des dépenses de l'Ëstat. Sa Majesté m'ordonne de vous dire en mesme temps que , comme elle est portée d'une volonté réelle et effective de soulager ses peuples , il y va un peu beaucoup de vostre conscience de luy en donner les moyens en bien pénétrant tous les abus et luy donnant vos avis de tout ce qui peut contribuer à ce soulagement.
(Bibl. Imp. Mes. Mélanges ClairamhauU, vol. &3i , fol. 3. )