‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 4)Chapitre 21 sur 411 · POUR L'EXÉCUTION · texte numérisé non relu

POUR L'EXÉCUTION

(Minute iintographe.)

Le jour qui sera choisy, sous prétexte de la chasse, il faut donner ordre que les mousquetaires soyenl à clicval et les ciirrosses prests.

Jl faut prendre l'un des jours qu'il a accoustumé de venir.

Les après-disners, afm que cela se fasse plus naturellement et plus facilement 2.

Dans le temps qu'il parlera, le Roy, sous prétexte de dire quelque chose a d'Artagnan^, le peut faire venir dans le lieu plus proche de celuy où il travaillera et luy donnera l'ordre verbal et eu mesme temps deux ordres par écrit :

L'un, pour arrester et conduire au chasteau d'Angoulcme* avec cent mousquetaires et deux oflicicrs des plus fidèles, et le garder dans le chasteau jusqu'à nouvel ordre ;

L'autre, ordre à M. le marquis de Montausier ou à celuy qui commande en son absence dans ledit chasteau de le remettre entre les mains dudit sieur d'Artagnan et d'en faire sortir toute la garnison.

Il faudra aviser quel valet on luy enveira pour le servir^.

Il faudra aussy envoyer les habits et le linge qui seront nécessaires.

Ordre à récurie* d'envoyer h cheval l'équipage nécessaire pour le carrosse, les chevaux et pour les oilîciers. •

' Avant rarrestalion de Fouquot, Coïberl pas. . .^ (Cabinet de M. le duc de Luynes.

avait charge son cousin Colbert de Torron, Mss. n" 93, carton 3.)

alors intendant de marine à Rocheforl, de ^ D*nne autre écriture, en mai^e : « I^

faire examiner secrètement J'ctat de Belle-Ile. matin, au sortir du contrôle. -n Celui-ci y envoya un agent, et, par ses lettres ^ Voir I, 77.

des 10 et 17 juin 1661 , donna des détails sur * On changea d*avis, car Fouquet fut dirigé

les travaux que Ton faisait dans cette place, sur sur Angers.

le secret dont ils étaient entourés, sur la dif- ^ D'une autre écriture, en marge : «Son

ficulté de pénétrer dans Tîle : «Il y avoit valet de chambre, son médecin* et un apo-

quinze cents ouvriers. . . L'aident ne manquoit thicaire.'*

Son médecin, Perqnet. et un de fH'S valets do chninbn*, b,i Vallée, ohlinrent In p»*ni)ission di* partager sa captivité.

ARRESTATION DE FOUQUET. r.w.\

•Aviser s'il ne seix)it pas nécessaire d'envoyer quelque contrAleur oii autre ûffieier de la maison du Roy pour faire la dépense ^

>lprès qnc le tout sera exécuté, il faudra examiner tout ce qu'il y aura à Faire pour Testablissement de la garde et pour la nourriture.

Voir si Talhouet ne seroit* pas bon pour la garde, et en ce cas le faire

rdre à six mousquetaires commandés par un fidèle de s't»n aller à dix et doftjac^ lieues sur la route de la Loire occuper (rois ou quatre postes et empesr#»€3M* qu'aucune personne ne passe sans un ordre exprès du Roy. mitant sur la route de la Diligence ou d'Anjou.

rdre aux deux darnes^ de ne point sortir de leurs maisons pendant tout te ^<3mps que le Roy sera dans la ville, et de la ville (sic).

Ordre aux maire et échevins de ladite ville d'Angouléme de faire tout ce qui le>m:KK* sera ordonné par ledit sieur d'Artagnan, mesme de fournir tous les meub9.^£¥ 9 lits et ustensiles nécessaires tant pour le prisonnier que pour les ofliciers ousquetaires servant à sa garde.

■It autre, portant ordre de le conduire par la route du haut Poitou, c'estmwe par Châtelleraut, Poitiers, quoyqu'il y ayt beaucoup de détours; irmsaisR c'est un pays de plaines, au lieu que par le droit chemin c'est un p^^y^ de défilés et oik dix hommes en arresteroient un beaucoup plus grand noaarMJbre.

rdre à M. d'Artagnan de ne déclarer sa marche ni le lieu où il va à qui ce soit *.

e ne pas loger dans les grandes villes.

rdre à tous gouverneurs généraux et particuliers, maires et échevins des ^**ï^« de le recevoir, luy donner logement tel qu'il le désirera, toute assis- *^**^:^<;, main-fort«, faire garde mesme s'il est nécessaire partout où ledit sieur ^ A. srtagnan le désirera.

1 1 faudra marquer le lieu où il ira coucher en partant, ^l sera nécessaire que le Roy ayt ces deux ordres dans sa pochette, avec ™'*^^ instruction de tout ce que ledit sieur d'Artagnan aura à faire pour luy ^*^^^»er en mesme temps qu'il luy donnera l'ordre verbal.

l-«^ordre verbal sera d'arrester lorsqu'il sera descendu dans la cour du chaslA , de le mettre dans le carrosse du Roy qui sera préparé dans ladite cour, et le mener en un tel lieu qui sera le premier logement ^ qu'il se fasse suivre P^r- cent mousquetaires et deux officiers et qu'il laisse le surplus^.

En marge : î^Non.p ^ Apr(?s avoir arr<^lé Fouquol, d'Arta|yiian lo

£b marge: ^Bon.» fil entrer dans ia maison la plus proche, qui

La femme de Fouquet el madame du appartenait au grand archidiacre de Nantes.

^'^«sis-Betlière. dont la nièce, Marie Kouclié, avait ét«» la pi-e-

* D^une autre écriture, en marge: «rll faudra niière femme de Fouquet. ^H*^ierces deux ortlres avec finstruction par ® D'une autre écriture, en marge : "Penser

avance.?» à une voiture pour du Iwgage.''

•.\oi ANNEXES.

En iiiesme loinps, il faut iMivoyor Tordre au cocher do faire loiit ce qfttî M. dWrIajjiian lii> oixlonuera.

11 sera peul-esire Decessaire de commander un mareschal des logis du roy, fidèle, avec un fourrier pour prendre soin du logement et des gardes ^, pour aller au-devant au\ lieux où \e sieur d'Artagnari voudra loger, en sorte toutefois qu'il n'y arrive jamais qu'une heure ou deu\ au plus avant luy.

Incontinent après, il faudra donner Tordre à iVquipage de M. d'Artagnan et des officiers et mousquelaires qui le suivront de les aller joindre au premier logement.

Luy envoyer mille pistoles pour les dépenses du voyage et luy donner Tordre d** donner à manger.

Après que Sa Majesté en sera partie, sans Tordre du Roy :

E>tablir un exempt avec quatre ganles du corps pour empcscher toutes visites .»t toutes conférences ; et comme cet ordre sera donné presque dans le mesmc moment que le premier, il faut joindre à cet exempt un maistre des requestes |»»^ur ><:»rn.>r les cassettes et les mettre en seureté; comme aussy qu'il fasse recht^rche exacte de tous tes [tapiers qui se trouveront dans la maison pour les

Ordrv a uu Jiutre exempt pour arrester les commis et prendre garde qu*aucuns papiers ne so\ent transportés. Si! y a deux maistres des requestes, on (HHirra en envoyer uu avec les commis pour sceller tous les papiers.

Tous ivs onln^s donnés et extVutés, il faut travailler à dépescher les courners,

( Cabinet de M. le dur de l.iiynes. Mss. n* pS , carton h. )

4 Xhiiute aul'^pinpbe. )

\tîvN\i»\v; ^jur* 1.1 prvMuièn^ affaire >era faite'- et les ordres donnés pour Tenluw ^xiviîîu^a. il faut que le Koy se déclan^ de la suppression entière de la *n.t»>:\^ àa iKMu ol de toute la fonction; que Sa Majesté se veut réserver la .tivîr«txî;îK>iï entièn^ i*( ahst^lue de toutes ses finances; qu'elle a résolu d'csta- ^^'l j^'v^ do vt iv^rsxume un conseil composé de peu de personnes qu'elle. iprvilv i.t îo voum'îI ivxal des linances, dans lequel Sa Majesté fera ladite distuUuîunu l'î tnMuie Unlit consi'il fera toutes les autres fonctions des finances. Kî sipîVN Hjiio St \l%ij«*sté aura expliqué ses intentions en deux ou trois dif- Nmxun ivu^vutn-. t'Ilo s** dtviarera au mareschal de Villeroy en particulier, et nMuto ru puMiv , quelle a fait choix de sa pei^sonne pour cstre chef de c^ UMil. sipivs lu» axoir expliqué sa n»solulion de se réserver la distribution;

P uio 4u»:v .vraruv, m UMi>;v : ^Vn u»an»sclial dt's lopis dos nioiis<|iiclairoîî 011 iininoiis-

cxcviii ANNEXES.

et <les traités avec Sa Majesté depuis le premier janvier 1669 remetlront le compte de l'exécution d'iceux avec les pièces jusliGcatives es mains du sieur Coibert, intendant des finances, pour estre vus et examinés, et, à son rapport au conseil, estre fait droit; qu'à ce faire, tous lesdits prestans et traitans et leurs cautions seront contraints huit jours après la signification du présent arrest. Enjoint Sa Majesté aux secrétaires du conseil des fmances de remettre entre les mains dudit sieur Coibert une copie en bonne forme de tous les résultats dudit conseil, arrests de prests, traités et arrests du conseil donnés en conséquence, ensemble des actes de caution qui ont esté expédiés depuis ledit jour, premier jan\ier 1669.

Faire sçavoir aux trésoriers de TEspargne et en mesme temps au procureur général de la chambre que le Roy veut qu'ils comptent de toutes les années passées dans le dernier jour de Tannée.

Examiner s il seroit a propos de donner un arrest portant défenses de payer aucune assignation sans un ordre exprès du Roy signé de sa main , comme tous les intendans ont fait en entrant dans la chargea

Aussvtost , faire les instructions pour les maistres des requestes qui sont dans les provinces; ordre à ceux qui sont à Paris de se rendre en diligence dans leur généralité et Jenvoyer à Sa Majesté les éclaircissemens du contenu en leurs instructions, et surtout que Sa Majesté veut que le secret y soit observé.

Travailler à l'expédition de tous les ordnîs pour faire marcher les troupes dans les provinces, et faire en sorte quelles soyent establies partout dans In fin du mois d'octobre.

Disposer le fonds de ce mois pour le faire payer partout avant qu'elles partent, et pens(»r î\ leur marche pour empescher qu'elle n'incommode les peuples.

!)onner i>art à tous les intendans de la résolution que le Roy a prise de faire subsister les ti*oupes dans les provinces, et, pour cet eiïet , leur envoyer Testât de la dépense des troupes, avec ordre au trésorier de T Extra ordinaire d'y envoyer un ronnnis*'.

Apn'^s avoir donné tous ces ordres, il faut retourner à Fontainebleau, et ensuite il faut fairt^ une révocation générale de tous les affranchissemens donnés aux villes, avec onlre aux maistres des requestes, etc. de tenir la main à ce qu'eUes soyent imposét\s selon leur force.

Travailler fortement à la suppression des trésoriers de France, ofliciers des élections et greniei*s a sel, et examiner les moyens de faire cette suppression avec le moins d'injustice qu'il se pourra.

\\i\ inesnie temps, il faut traiter avec tous ceux qui se trouveront avoir des nMHi|(nalion.s sur Tannée itJGîi, pour leur reculement en quatre années, en ob- Hervnnt de donner en deux toutes les avances qui ont esté faites pour les régiineiis des gardes fnnivoises et siiisses et autres dépenses privilégiées.

|)inhoser tout ce (|ui sera nécessaire pour ouvrir la chambre de justice au I il Nn>rnd)re au plus tard.

(:\ci\

El faire en mesmc temps la distribution des tonds pour Tannée 1662 pour chacune nature de dépense, et en faire un département entre tous ceux qui sont du conseil des Gnances, alin que chacun deux prenne soin de faire payer ponctuellement les dépenses qui seront assignées sur chacune nature de recette , et ce 8cra leur principale et plus importante application. Pour cet effet, h chacun directeur, intendant ou contrôleur général, sera donné un estât des recettes dont ils devront prendre le soin avec les dépenses qui seront assignées suricelles.

En ouvrant la chambre de justice, il faudra bien observer ce qu'il y aiu*a a faire pour assurer le payement des rentes de 1 Hostel de ville de Paris.

11 faut faire le département des généralités, après avoir réglé le reculement des assignations, ce qui ne sera pas le plus diilicile.

Mais il o^t fort important de bien examiner ce que les fermes deviendront.

La ferme des gabelles est en fort mauvais estât, non-seulement à cause de ta r^ie ^ mais à cause de la diversité et désunion des associés. La régie donne atteinte au bail sans difliculté^, et ainsy on peut la faire publier^.

Il faut former pour cela une compagnie d'habiles gens et de gens de travail.

Les cinq grosses fermes sont pareillement eu mauvais estât '^.

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