‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 4)Chapitre 211 sur 411 · A M. LE BRET · texte numérisé non relu

A M. LE BRET

INTENDANT A LIMOGES

Paris, a 8 janvier i68s.

Par vostre lettre du 1 6 de ce mois, vous m'écrivez amplement sur toutes

les taxes doiEce que vous avez faites. Gomme ces taxes d'office sont faites

pa^ autorité et sortent de la voye ordinaire de l'imposition des tailles,

il: ne £aut pas se persyader qu'elles puissent servir à faire un establisse-

ment solide et durable pour retrancher les causes qui vous ont obligé

€|'en faire le grand nombre que vous avez fait. Il faut donc pour cela cher-

eh^r quelque autre expédient qui soit tel que les collecteurs ordinaires

spyent obligés de le pratiquer, d'autant que le mesme abus que vous avez

sr^con^u dans vostre généralité se trouve universellement pratiqué dans

toutes les généralités taillables, c'est-à-dire que tous ceux qui se pour-

^ayent en surtaux gagnent toujours leur cause contre la communauté, qui

n'est jamais défendue^. Gomme c'est assurément le plus grand mal qui se

trouve dans l'imposition et la collecte des tailles, il faut aussy s'appliquer

avantage à y trouver un remède solide et ordinaire; et c'est ce qui m'avoit

<»bligé de vous écrire cy-devant que vous eussiez à examiner s'il ne seroit

fH^ à propos d'abolir l'action en surtaux , qui est dirigée contre la commu*

Bauté qui n'est point défendue, pour introduire l'action en comparaison,

(pii est, dirigée contre un particulier qui se défend toujours avec soin et

apfplication. Gomme vous connoissez parfaitement le mal qui arrive par

L'action en surtaux, vous devez examiner avec un très-grand soin, soit ce

qtiayen, soit tous les autres que vous pourrez trouver par vostre application

pour remédier k ce mal.

(Bibl. Imp. Mss. Méianget CUaramboHU, vol. &3i, fol. 5&.)

. ' €2e passage £ût voir une fois de plus à queb moyens iniques on avait recours, même dans les voies de la douceur, pour amener la conversion des protestants. Dans une autre lettre du 19 mars suivant, à Tinlendant de Poitiers, Golbert parie d'un arrêt de décharge de 5o,ooo livres accordé pour les conversioDS. «Sa Majesté, ajoute4-il , ne doutant pas que vous ne rendiez cette grâce utile et avan-

tageuse à la religion, vous a pareillement accordé Tarrest pour faire voos-mesme les rôles dans les lieux que vous jugerez le plus à propos. Gomme vous sçavez parfaitement combien elle a à cœur ces conversions, elle ne doute point que vous ne vous servies adroitement de tous les moyens qu'elle vous donne pour les avancer, v» {MU, Clair, vol. 639, fol. 17.) * Voir pièce n* laû.

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