‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 4)Chapitre 217 sur 411 · A M. LE BRET · texte numérisé non relu

A M. LE BRET

INTENDANT A LIMOGES

Vorfwilles, ù avril iOH'À.

J'ay rendu compte au Roy, en son dernier Conseil, de fous les mémoires el papiers que vous m'avez envoyés concernant la procédure que vous faites contre les ofliciers d'AngouI()me accusés de fausse monnoye, et [)arlîcuiièrement de la requeste de récusation qui a esté présentée contre vous, et de la déclaration que vous avez faite sur chacun des articles contenus en cette requeste. Sur quoy Sa Majesté a ordonné l'expédition des trois arrests que je vous envoyé : le premier, contenant que, nonobstant les causes de nkusation contenues en la requeste, vous continuerez la procédure pour la juger, suivant vostre premier pouvoir; le second, pour commettre avec vous M. de BasvilleS pour jujjer cette affaire dans tel présidial que vous choisirez. Sa Majesté a jugé à propos de vous adjoindre ledit sieur de Basville, non que Sa Majesté doute de la justice que vous rendrez, mais pour en rendre le jugement plus authentique dans ces provinces éloignées, où il est bon que, de temps en temps , les peuples voyent des preuves éclatantes de sa justice, qui en sont aus.sy de sa bonté, vu qu'il s'agit de punir les violences ou les crimes commis par des officiers qui ne pourroient pas estre punis sans une application particulière de l'autorité de Sa Majesté. Elle m'ordonne mesme de vous écrire que, si vous n'estimez pas que la présence dudit sieur de Basville |)uisse faire un effet considérable en cette affaire, vous pouvez vous dispenser de luy envoyer l'arrest; mais si vous estimez à propos de luy envoyer, vous concerlerez avec luy le temps et le lieu oii vous la pourrez juger.

Le troisième arrest est pour arresler les procédures faites par le prévost de Saint-Maixent contre le sieur des EUmgs. Si vous m'eussiez envoyé des pièces par lesquelles il eust esté justifié que le crime de duel dont il est déféré se fust passé il y a onze ans^, ainsy que vous le dites, et que la procédure de ce prévost eust paru violente et excitée par les parens et amis des accusés, Sa Majesté auroit esté disposée à prononcer un ajournement personnel contre ce prévost.

Tons ces arrests et la diligence avec laquelle ils vous sont envoyés vous feront bien connoistre que le Roy veut que vous donniez une application entière en cette affaire. Vous devez mesme les rendre publics pour faire

* Intendant de Poitiers. (Voir pince n" i33.) — - Lu M\\ craoni ^C^^]^) avail «Wabli diveises pt'oaliti^ contre reiix qui se KadaÎHnt en duel.

connoistra à tous les peuples que Sa Majesté veut que la justice soil lulp dans toute Testendue de sou royaume. Je ne doute pas que cequeSa IJb^ jesté Cait en cela ne donne l'assurance nécessaire aux tesmoins pour ^^1^^ ce qu'ils sçavent des crimes des accusés. .,,,

(Bibl. Imp. M«. Mékngtê amrëmhmit, toI. 43i , AiL

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