A M. FAUTRIER
IiNTENDANT A VALENCIENNES'.
Versailles, 17 juin i08a.
J'ay reçu trois de vos lettres des s, 3 et lo de ce mois, auxquelles je fais réponse. J'atlendray le procès-verbal que vous me devez envoyer, contenant les raisons pour et contre les prétentions du fermier, au sujet des villes du Quesnoy, Landrecies et Avesnes.
A l'égard des gardes que vous dites qui fouillent tout le monde, il me semble que vous pourriez premièrement défendre sur-le-champ à ces gardes de fouiller, en conservant cependant la seureté du payement des droits, et faire appeler devers vous le directeur de ces fermes en quel lieu que ce soit,luy expliquer le désordre que cette conduite des gardes a causé, et luy ordonner de l'empescher. S'il ne le faisoit pas , vous pourriez ordonner ce que vous estimeriez nécessaire d'estre fait pour la seureté des droits du roy et pour empescher ces sortes de violences qui ne sont jamais souffertes dans l'estendue des fermes du roy. Je vous diray confidemment que c'est la première fois, depuis vingt-deux ans, que j'ay entendu parler de pareilles plaintes. Mais , de quelque façon que ce soit, il faut les réprimer.
Quant à ce que vous dites que vous condamnerez au fouet le premier qui entrera du brandevin^ en fraude, je n'ay pas encore vu cet usage
* Intendant dans le Hainanl de 1678 à i684. — * Eau-de-vie.
dans le royaume, ni aucune ordonnance qui l'ordonne, mais seulement k confiscation et l'amende, et, en cas de beaucoup de récidives, peine affic-* tive. . .
(Bibi. Imp. Mn. MéUmge9 CUûrambmdt, vol. &8i , foL Sââ.)