A M. DE RIS
INTENDANT A BORDEAUX
Versailles, 6 janvier i683.
J*ay rendu compte h Sa Majesté des frais qui ont esté faits pendant les onze premiers mois de l'année dernière pour le recouvrement des tailles. Comme Sa Majesté a trouvé (|u'il y avoit, par cette table, dans la généralité, 45 porteurs de contraintes et 17 archersS Sa Majesté trouve que la nourriture, l'entretien, et le désordre que tous ces gens causent dans tous les logemens effectifs qu'ils font, sont d'une très-grande charge aux peuples de cette généralité. Ainsy elle veut que vous vous appliquiez, avec un très-grand soin, à restablir l'ancienne forme de faire payer les tailles par le moyen des huissiers et des sergens, ou au moins que vous commenciez à retrancher la moitié entière de ces porteurs de contraintes et de ces archers, Sa Majesté ne voulant pas qu'il y ayt plus de deux porteurs de contraintes et huit ou dix arcliers au plus en chacune élection.
' Le manuscrit porle bien 1 7 ; mais le sens indique 177.
Je dois aussy vous avertir que lorsque , par la table que vous m'envoyez , il paroist que ce nombre de; porteurs de contraintes et d*archers n'a consommé que 47,6 3 o livres pendant les onze mois de Tannée dernière. Sa Majesté n'en est pas persuadée, d'autant que cette somme ne comprend que ce qui a esté ré^jlé pour le salaire de chacun jour, et qu'au contraire il n'y a aucun de ces gens-là qui ne couste au moins trois ou quatre fois autant aux paysans chez h'squels ils sont establis jusqu'à ce qu'ils ayent payé la taille.
C'est ce (jue vous devez examiner avec grand soin , estant impossible que Sa Majesté puisse estre persuadée que ces gens-là se contentent de leur solde sans aucune autre charge aux habitans chez lesquels ils logent^»
( Bibi. Imp. Mss. Mélanges ClaùrttmbauU, vd. &33 , I6L 9.)