A M. DE NOINTEL
INTENDANT A TOURS
Versailles, 91 janvier 1 683.
Pour réj)onse à vostre lettre du i/i de ce mois, je vous envoyé Tarrest pour informer de la violence prétendue faite par les sous-fermiers des aydes ou les commis d'An^jers. Mais comme cette ville a esté de tout temps sujette à de grandes séditions, le Roy veut (jue vous alliez vous-mesme sur les lieux pour faire l'inspection et bien connoistre si le contenu en la lettre du maire d'Angers que je vous ay envoyée est véritable; parce que si la chose s'estoit passée comme le sous-fermier le dit icy, cette lettre sentiroit plutost un boute-feu de sédition qu'un maire d'une ville capitale comme celle-là, qui doit estre toujours pour le service du roy et pour apaiser le mouvement des peuples. Ainsy, il est fort important que vous découvriez vous-mesme la vérité de tout ce qui s'est j)assé.
Il est certain néanmoins que les fermiers des aydes qui ont pu excéder, par les enchères volontaires qu'ils ont faites, le véritable prix de leur ferme, font ce qu'ils peuvent pour se préparer des raisons de diminutions auxquelles ils ne parviendront pas. Ainsy, je ne doute pas que vous ne découvriez la vérité de tout ce qui s'est passé, pour faire en cela la justice qui est due au Roy et au public.
(Bibl. Imp. Mss. Mélangée ClairambauU , voi. &33, fol. 98.)