‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 4)Chapitre 261 sur 411 · A M. DE LA BERCHÈRE · texte numérisé non relu

A M. DE LA BERCHÈRE

INTENDANT A MOULINS»

Sceaux, /i juin i683.

J'apprends, par vostre lettre du 3o du passé, que vous avez visité les élections de Montluçon, Conibrailles et Guéret; mais il est nécessaire que vous observiez avec soin tous les points contenus en la lettre que je vous ay écrite sur ce sujet, et que vous en rendiez compte article par article, parce que le Roy désire voir l'exécution ponctuelle de ses ordres, Sa Majesté estant persuadée que c'est le soulagement le plus considérable qu elle puisse donner à ses peuples.

Je vois que les ofliciers de Montluçon font assez bien leur devoir, que ceux de Combrailles ne le font pas de mesme, et que les recouvremens se font assez bien dans ces deux élections et celle de Guéret. Vous devez surtout empescher l'emprisonnement des collecteurs autant qu'il sera possible.

Sur ce que vous dites qu'il pleut presque partout dans la prison de Guéret, il auroit esté bon de faire travailler sur-le-champ à la réparation des couvertures de cette prison, dont la dépense ne peut estre fort grande. En cas qu'il y eust des dépenses plus considérables à faire , vous auriez pu en faire un devis avec une estimation des ouvrages et me l'envoyer; j'aurois donné les ordres au fermier du domaine de j^ayer les sommes auxquelles ces réparations auroient pu monter.

(Bibl. Imp. Mss. Mélanges Clairambault , vol. &33, fol. ai 5.)

' Urbain Legoiix, sieur de La Berchère, an- i683, puis à Montauban en i68/i. Mort le cien conseiller au parlement de Metz, maître 3i août 1721 , à Page de soixante et dix-huit des requêtes en 1676 , intendant à Moulins en ans.

A LOUIS XIV

( Lettre et réponse autographes.)

Sceaux, 8 juin t683.

Vostre Majesté trouvera cy-joint Testai de tous les payemens réglés jusqu'à cejourd'liuy pour estre faits au trésor royal pendant ce mois.

Le trésorier des Ligues suisses recevra ' cette semaine 100,000 livres pour servir au payement des pensions, outre les 100,000 qu'il a cy-devant reçues; j'en ay donné aussytost avis à l'ambassadeur de Vostre Majesté ^.

Elle observera r s'il luy plaist, qu'outre les 5,5 40,887 livres à quoy montent les payemens réglés , il faut encore, pour les payemens que Vostre Majesté a ordonnés ou résolus , suivant le mémoire cy-joint , â,Q66,5oo livres, et que ces dépenses excèdent les recettes d(î 3,600,000 livres, suivant un mémoire qu'elle a vu avant son départ.

Quelque diligence et quelque application que j'aye eue juscpi'à présent, je n'ay pu encore trouver que 1,400,000 livres à emprunter; en sorte qu'il sera très-difficile de pouvoir fournir h ces dépenses.

Bellegarde', t3 juin i683.

Je les ay reçus et je les garde.

Bon.

La grande despence me fait beaucoup de peine; mais il y en a de nécessaires.

Je sait que vous faites lout ce qui est possible.

* Aujourd'hui Seurre (Côte-d'Or). Louis XIV (H<iit parti lo a5 mai pour la Bourgogne , avec la reine, Marie-Thérèse, qui mourut peu après son retour.

' Le chevalier Robert do (îravel, d'abord secrétaire de Mazarin, ambassadeur en Danemark en 1G75, et en Suisse en ii\']C}. Il y mourut, le 3o juin \(\Sli , à Tâge de soixanU> et douze ans.

âââ

Cepoiidanl , de|)uis le départ do Voslre Majesté, j'ay reçu encore une ordonnance de i53,ooo livres, à compte d'un armement nouveau de quatorze {jalères, et Vostre Majesté ju(fera facilement qu'estant aussy éloifjné que je suis de pouvoir trouver les fonds nécessaires pour les dépenses réjjlécs, il ne m'est pas possible de pouvoir aller au delà.

Voslre Majesté trouvera cy-joint quelcpies ordonnances qu'elle aura la bonté de signer et me les renvoyer.

Toutes les affaires de finances ont leur cours ordinaire; les intendans visitent les généralilés et en rendent compte par toutes leurs lettres, qui sont pleines de beaucoup de misère des peuples.

Vostre Majesté trouvera aussy cyjoint Testât auquel sont les baslimens, suivant la visite que je fis jeudy dernier à la machine Saint- Germain, Marlv, Trianon et Versailles, comme aussy les estats des payemens faits pendant les trois dernières semaines.

J'envove aussv à V^oslre Maieslé le plan du rez-de-chaussée du chasteau de Cliambord, par lequel elh»

verra qu'elle n'a rien manpié ])our les oilices de la Reyne.

Il y a deux charges de conseiller au parlement de Paris, vacantes :

11 faut faire un effort pour le.s galères, car elles seront absolument nécessaires si celles d'Espagne se joignent aux vaisseaux et mennent à Gênes '.

Je vous renvoie les ordonnances signées.

La misère me fait grand peine.

Il faudra faire tout ce que Ton pourra pour soulager les peuples.

Je souhaite de le pouvoir bientost.

J'ay respondu à tous les articles des bastimens.

J ay veu les estats des paiemens.

11 n'v a rien à faire de nouveau.

On prendra (juelques chambres basses, s'il est nécessaire, parmy quelques oHices, pour la Reyne. Je vous renvoie le plan.

* C« passago osl fort obscur. Gènes, nncoro ind«''pernlanlc mais bien déchue, suivait depuis un siècle la politique de rEspa/jne. De là Thostilitc^ de Louis \lV,(pii, Tannée suivante (17 mai), sous prétexte d'armements suspects et de mauvais procédés , la fit bombarder impitoyablement.

IMIM^TS. MONNAIES.

La première du sieur Crciset, la

seconde du sieur Leco(|, doyen,

qui est mort depuis peu.

Les consignans sont : les sieurs

de Lesseuille, d*Harouys, Doublet,

Pellot, Pinon, Picquol, Trudaine,

Fourqueu\, Jacquot, de Paris,

Sanson,Le Maistre.

Vostre Majesté fera sçavoir, s'il II faut que les doux premiers

luy plaist, à qui elle veut donner consijjnans aycnl les char^jes. C'est

ces deux charges. Li»sseuille et d'Harouys.

J'ay esté à Pagny \ que j*ay trouvé dans un pitoyable estât. Il faudroit eni])escber ce qui reste îi la maison de tomber.

Les bois paroissent beaux. J'ay veu ceux (jui sont sur le bord de l'eau, pour la marine; ils sont beaux et bien arrangés pour se conserver. J'av trouvé la cavalerie dans un estât admirable et beaucoup plus belle et meilleure (|ue je ne croyois.

J'ay fait des gralilications à plusieurs capitaines [)our leur tesmoigner la satisfaction que j'ay d'eux.

Je ne vous mande pas de m'envoyer rien pour cela, (luoy qu'elles ayent passé la somme (pie j'ay apportée avec moy.

Je vous ay fait dire par Seignelay de me donner vostre advis sur le choix d'un intendant |)our cette |)rovinre. C(»la |)resse, car il seroit bien important qu'il y fust quand les troupes se sépareront du camp de la Saône. (!<» sera vors h* rM)*" de juillet.

(Copié sur rori{;inni. — CoUoclioii |);irticii)iôri'. i ' Pagny-le-Cihâieou, canton de Sourre, Colcni'Or. (Voir t. l , 359.)

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