A M. DE NOINTEL
INTENDANT A TOURS
Versailles, id may i683.
J*ay reçu, avec vostre lettre du 5 de ce mois, la réponse à celle que je ^^ous avois écrite sur la misère des peuples ^ et que j'attendois il y a desjà ^pielque temps. Je ne manqueray pas d'en rendre compte au Roy. Cepen- ^nt je vous prie de me faire sçavoir de temps en temps Testât des biens de la terre, et de donner tous les ordres nécessaires pour obliger les peuples de payer leurs impositions, parce que, les dépenses de l'Estat estant très-grandes , le Roy ne les j)eut soutenir que par le payement perpétuel des impositions que Sa Majesté ordonne sur ses peuples. Mais je vous avoue que je suis surpris que la misère des peuples soit si grande que vous le dites, vu que toutes les impositions du royaume ne sont que de 87 millions^, et que, depuis quarante et cinquante ans, elles ont toujours esté entre 4o et 5o millions, excepté depuis la paix, que Sa Majesté les a réduites à39,33et34 millions.
(Bibl. Imp. Mss. Mélanges Clairambault , voi. &33, fol. 176.) ^ Les récoltes (les années 168:1 et iG83 furent mauvaises. — ^ Sur les tailles, bien entendu.